10 citations de 10 photographes de rue

Je suis à la recherche d'inspiration pour mes écrits sur la photographie, probablement pour repousser l'inéluctable : je dois mettre en page mon livre sur la photographie de rue. Et je n'ai trouvé que cet artifice, qui j'espère vous ravira les yeux et la tête autant qu'il plaira à Google.

Toutes ces citations sont traduites par mes soins et issues du livre Street Photography Now, qui est remarquable. Comme l'Atlas Mondial de la Photographie de Rue, il n'explore pas assez à mon goût l'Amérique du sud et l'Afrique, mais je ne peux lui en tenir rigueur.

Voici 10 citations et 10 photos de certains de mes photographes de rues préférés. Si après ça vous n'êtes pas amoureux de la photographie de rue, je ne peux plus rien faire...

10 citations de 10 photographes de rue

Narelle Autio

Je suis un peu voyeuse par nature et j'aime comparer la rue à une performance artistique. [...] Je regarde les gens bouger, vivre des moments excentriques, beaux, drôles.

Narelle Autio

Photo Narelle Autio

Maciej Dakowicz

Quand je prends des photos de la vie nocturne de Cardiff, j'aime passer un bon moment, faire la fête comme ceux que je photographie et oublier les dangers potentiels. Prendre quelques verres peut aider. Moins réfléchir donne de meilleures photos.

Maciej Dakowicz

Photo Maciej Dakowicz

Melanie Einzig

Photographier en public me garde éveillée et consciente, toujours à regarder autour de moi, émerveillée par ce qui occupe les humains.

Melanie Einzig

Photo Melanie Einzig

Bruce Gilden

Si vous pouvez sentir la rue en regardant la photo, c'est une photo de rue.

Bruce Gilden

Photo Bruce Gilden

Markus Hartel

Mes photos ne sont pas nécessairement jolies, mais elles montrent de beaux moments de la jungle urbaine.

Photo Markus Hartel

Richard Kalvar

J'aime jouer avec la réalité ordinaire, utiliser des acteurs qui ne posent pas et qui sont inconscients du drame dans lequel je les ai placés.

Richard Kalvar

Photo Richard Kalvar

Trent Park

Je chasse toujours la lumière. La lumière rend l'ordinaire magique.

Trent Parke

Photo Trent Parke

Martin Parr

J'aime créer une fiction à partir de la réalité. Je le réalise en prenant le préjudice naturel de la société et en le tordant.

Martin Parr

Photo Martin Parr

Matt Stuart

Achetez une paire de chaussures confortables, ayez un appareil autour du cou en toutes circonstances, gardez les coudes fermés, soyez patients, optimistes et n'oubliez pas de sourire.

Matt Stuart

Photo Matt Stuart

Ying Tang

Être dehors dans la rue est un voyage personnel. J'essaye d'attraper un moment qui veut dire quelque chose, pour moi.

Yin Tang

Photo Ying Tang

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Projet Photo Projet Photo

Esperando Luna

Les derniers mois de grossesse pour un deuxième enfant peuvent paraître longs. Nous savons déjà comment l'histoire va se dérouler et nous attendons son dénouement.

Ces derniers mois d'attente furent particuliers pour notre famille : exclusivement à la maison, confinés pendant trois mois en attendant qu'une pandémie passe. Les jours sont intenses, Tom grandit en courant, la cuisine, le salon, la ville dans une torpeur de fin d'été.

Ensuite, l'isolation quand le virus se déclare. Pour chacun de nous, la solitude et l'attente dans une chambre pendant 15 jours, alors que la vie continue à quelques mètres derrière une porte.

Et puis, un jour de juin où les virus et les autres n'ont plus d'importance, elle arrive.

Luna


Os últimos meses de gravidez de um segundo filho podem parecer longos. Já sabemos como a história se desenrolará e aguardamos o resultado.

Esses últimos meses de espera foram especiais para a nossa família: em casa, por três meses, enquanto esperávamos uma pandemia. Os dias são intensos, Tom cresce correndo, a cozinha, a sala, a cidade em um torpor de fim de verão.

Finalmente, isolamento quando o vírus eclode. Para cada um, a solidão e a espera no quarto por 15 dias, enquanto a vida continua alguns metros atrás de uma porta.

E então, um dia de junho, quando vírus e outros não importam mais, ela chega.

Luna

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Inspiration Inspiration

7 Leçons sur la photographie avec David Alan Harvey

David Alan Harvey est le photographe qui m'a bouleversé ces six derniers mois, dans un premier temps avec ses photographies, notamment les deux livres que je me suis procurés : « Based on a True Story » et « Cuba » . Il m'a ensuite amené à réfléchir profondément sur ma photographie, avec les différentes interviews et interventions que j'ai pu découvrir.

Pour différentes raisons, David Alan Harvey est devenu ma principale source d'inspiration dans ma photographie. Peut être parce qu'il a travaillé là où je vis ? Surtout parce que sa philosophie et ses photos sont parfaitement alignées avec ce que je souhaite produire et ma manière de vivre.

Qui est David Alan Harvey ?

David Alan Harvey a commencé la photographie très jeune. Son premier projet consistait simplement à documenter sa famille, alors qu'il avait 12 ans. Son premier livre photo était en noir et blanc avec des photos de sa famille et de leurs principaux événements du quotidien. Il dit appliquer toujours les mêmes principes dans ses livres photo depuis.

Son livre suivant et son premier ouvrage publié s'intitule « Tell it like it is » dans lequel il a décidé de passer du temps avec une famille afro-américaine dans un ghetto en Virginie. Pendant un été entier, il est resté avec eux, a vécu avec eux, est allé à l'école avec les enfants et a documenté leur vie. Il avait la volonté de changer la société par son travail - il a vendu les exemplaires de son livre pour collecter des fonds pour l'église afro-américaine locale de cette communauté.

Il a commencé à travailler avec National Geographic et est devenu un des photographes majeurs de la publication, travaillant à travers le monde. Il a enfin rejoint la prestigieuse agence Magnum en 1993, confirmant sa place parmi les plus grands photographes contemporains.

Il a publié de nombreux ouvrages, notamment son livre «Divided Soul» qui documente plus de 20 ans de photographies dans le monde entier.

Je voulais écrire cet article pour partager ce que j'ai appris de David Alan Harvey en photographie. Voici les 7 principaux enseignements.

Photo David Alan Harvey - Rio de Janeiro

Tout sujet est politique

David Alan Harvey a travaillé sur des zones de conflit, mais il n'est pas spécialement reconnu pour ses "photos de guerre". Il parle notamment de son expérience au Honduras, où il déambulait dans la capitale, sans chercher particulièrement le front, il cherchait plutôt à documenter le quotidien des habitants de la ville.

J'aime particulièrement sa vision de la photographie de rue, qui est pour lui un message sociologique sur son époque et sur les modes de vie. Sans chercher forcément une justification pour la photographie de rue que j'aime déjà tellement, cette pratique est fascinante pour ce qu'elle permet de faire émerger. La photographie de rue est une expérience sociologique, même si vous ne publiez pas vos photos.

Photo David Alan Harvey - Mexico

Copier les plus grands

Pour atteindre la maîtrise en photographie, ou dans n'importe quel domaine d'ailleurs, vous aurez besoin de beaucoup de travail, mais également de trouver un ou des mentors. Il n'existe pas d'expert mondial, quelque soit sa spécialité, qui ne se soit trouvé à progresser au contact des maîtres qui l'ont précédé.

La beauté de la photographie est que vous n'avez même pas besoin de côtoyer ou fréquenter vos mentors pour qu'ils puissent vous inspirer. Vous pouvez photographier comme eux, penser comme eux, travailler comme eux, uniquement en observant leurs photos dans leurs livres ou maintenant sur les internets.

David Alan Harvey cite ses références et inspirations de son début de carrière, ils sont très connus : Henri Cartier Bresson et Robert Franck. Deux monuments de la photographie de rue dont les livres à la sauvette et The Americans ont inspiré des milliers de photographes après eux.

David Alan Harvey dit qu'il a essayé de copier ces photographes pendant un moment, avant d'évoluer notamment vers la photographie couleur dont il est devenu l'un des meilleurs représentants. Il se distingue également d'Henri Cartier-Bresson qui était réputé pour être distant avec ses sujets. David a toujours essayé de s'insérer dans la vie des gens, d'aller plus loin et de passer du temps avec eux.

Photo David Alan Harvey - Honduras

Un appareil, un objectif

C'est le seul conseil un peu technique que recommande David Alan Harvey : un appareil, un objectif. Et les garder toujours avec soi. Cela permet notamment d'être rapide et ne rien louper, on ne sait jamais quand une photo intéressante sera là devant soi.

Je ne travaille plus qu'en focale fixe depuis quelques années, mes zooms étant exclusivement réservés à des commandes très spécifiques en architecture ou sur un événement. J'ai encore tendance à jongler entre les focales 28mm et 40mm. Mais je crois que je vais céder dès que je peux sortir de chez moi (je vis au Brésil si vous êtes nouveaux sur ce blog), et me procurer le 35mm dont je rêve pour mon Sony A7.

Sur mon Ricoh GRII, je bascule fréquemment sur la focale 35mm, le 28mm est trop large pour moi quand je ne suis pas dans les rues de New-York.

Commencer en bas de chez soi

David Alan Harvey répète cela à l'envie : vous n'avez pas besoin de prendre l'avion pour prendre de grandes photos. Je suis totalement en phase avec ce principe, la photographie doit d'abord documenter votre vie, pas besoin de s'en inventer une.

Restez à la maison et regardez dans le miroir.

David Alan Harvey

Commencez par photographier dans votre jardin, dans votre arrière-cour, dans la rue en bas de chez vous. Si vous n'arrivez pas à prendre de grandes photos en bas de chez vous, un avion et un pays exotique n'y changeront rien.

David Alan Harvey dit ainsi : "Restez à la maison et regardez dans le miroir". La photographie est aussi un outil d'introspection. Pour lui, en photographie on est témoin d'une scène mais aussi totalement connecté à ce qui se passe devant soi.

Toute photographie est un peu auto-biographique. Sinon pourquoi l'aurions-nous prise ou choisie ?

Photo David Alan Harvey

Le plus intelligent dans la pièce

Lorsque David Alan Harvey parle de son travail pour ce qui est probablement le plus prestigieux des magazines au monde, National Geographic, il raconte avoir été envoyé pour des courtes durées dans des pays dont il ne connaissait rien.

Comment produire une série photographique de haute volée en 15 jours quand on découvre un endroit ? David Alan Harvey mettait un point d'honneur à mieux connaître le sujet ou le lieu sur lequel il photographiait que le journaliste avec qui il travaillait, que l'éditeur qui sélectionnait les photos et les photographes, ou que le rédacteur en chef qui donnait les missions. Il lisait tout ce qu'il pouvait trouver, devenait incollable.

Puis, arrivé à destination, David Alan Harvey explique que pour aller plus loin dans la vie de ceux qu'ils croisaient, il s'inventait une vie sur place. Il se comportait comme s'il était là depuis des années, se faisait des amis, une vie sociale. Cette vie inventée mais bien réelle le temps de son travail l'occupait entièrement, du petit matin jusque tard dans la nuit.

Ses photographies sont les meilleurs témoins de cette méthode radicale.

Photo David Alan Harvey

Comment percer comme photographe professionnel

Voilà probablement le conseil le plus simple et époustouflant que j'ai jamais reçu. Pour percer comme photographe professionnel, il suffit de se donner à soi-même la commande dont on rêve.

Ce conseil me renvoie à la déception qui m'affligeait quand j'ai reçu une réponse négative pour un projet ici à Salvador. Le projet était parfait, passionnant, fait pour moi. C'est décidé, quand je sors de confinement, je m'y colle.

Photo David Alan Harvey

Les niveaux en photographie

David Alan Harvey évoque les différents niveaux de qualité en photographie professionnelle. Là encore, c'est aussi simple que percutant.

Le premier niveau est le niveau "Magazine". Ouvrez le magazine pour qui vous rêveriez de travailler, et demandez-vous objectivement si vous avez le niveau pour leur proposer des photos. L'effet Dunning Kruger qui accentue la sur-confiance des photographes marche certainement au maximum ici, mais si l'on reste lucide on peut s'étalonner.

Le deuxième niveau dont parle David Alan Harvey est le niveau "Livre" ou "Exposition". Nous parlons ici du livre travaillé avec un éditeur ou d'une exposition montée avec une galerie.

Enfin le troisième niveau est le niveau "Musée". Tout cela semble parfaitement cohérent.

Photo David Alan Harvey - Honduras

À suivre

J'ai encore une quantité invraisemblable d'enseignements à partager de David Alan Harvey, j'écrirai probablement la suite. En attendant, je me replonge dans ses livres, et je vous invite à en faire autant.

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Technique Technique

7 techniques de développement sur Lightroom pour gagner du temps

Lightroom est un outil puissant de développement de vos photos. Je crois avoir utilisé ce logiciel depuis sa première version et n'ai jamais cherché à expérimenter avec des alternatives. Mais vous n'êtes pas là pour que je vous parle de ma vie, voici 7 techniques que j'ai trouvé indispensables, utiles ou efficaces avec les années de pratiques.

Le profil colorimétrique

Ce réglage est probablement le plus important sur Lightroom si vous photographiez en format RAW, et c'est en même temps celui le moins connu des étudiants de mes formations. Il est normal que je vous le signale en premier :)

Pour faire court, un fichier RAW contient plus d'informations qu'un Jpeg mais lorsqu'il est développé et importé dans votre photothèque il apparaît sans profil colorimétrique. Quand vous regardez votre photo sur l'écran de votre appareil, un profil colorimétrique est utilisé par défaut si vous ne l'avez pas réglé vous-même. C'est ce qui peut expliquer un décalage avec ce que vous avez constaté au moment de la prise de vue.

Par défaut sur Lightroom vous aurez accès aux profils d'Adobe et à ceux de votre appareil qui sont intégrés dans le fichier RAW.

Je vous conseil d'en choisir un en premier dans votre processus de développement, pour obtenir des contrastes et donc des couleurs équilibrées avant de transformer votre photo.

Le module d'exploration de profils colorimétriques se trouve maintenant tout en haut de la colonne de droite du Module de Développement de Lightroom Classic, avant les réglages d'exposition.

Redresser les verticales

Il est normal de ne pas spécialement y faire attention quand on débute en photographie, mais les verticales n'apparaissent pas toujours verticales sur vos photos. C'est aussi vrai pour les horizontales, mais si vous corrigez l'un, vous corrigerez probablement l'autre en même temps.

La raison est simple, la photographie transforme un monde en trois dimensions en un espace en deux dimensions. Si le centre de votre visée ne se trouve pas à l'horizon, vos lignes verticales apparaîtront penchées, et cela peut nuire à votre photographie, par exemple en photographie d'architecture.

Vos compositions vous amèneront souvent à viser "vers le haut" ou "vers le bas", alors pour redresser vos verticales vous avez deux options :

  • les optiques à décentrement (Tilt-Shift en Anglais)

  • redresser au développement

Attention en redressant vos perspectives, verticales ou horizontales, vous transformerez votre fichier et devrez probablement recadrer votre photo. À la prise de vue il sera recommandé de cadrer plus large si vous anticipez une telle transformation, ou votre composition risque d'être ruinée par le recadrage.

Le Module sur Lightroom qui permet ces corrections s'appelle "Upright", sur Lightroom Classic il est situé sur la colonne de droite du Module de Développement, entre la correction d'objectifs et les effets. Et pour ma part, deux fois sur trois j'obtiens la correction souhaitée avec un réglage automatique.

Le Filtre Radial

Les outils de correction qui se trouve juste en dessous de l'histogramme de votre photo dans le Module de Développement de Lightroom Classic sont tous utiles, à part peut-être la correction des yeux rouges que je n'ai pas souvenir d'avoir même ouvert.

Parmi ces outils, le filtre radial est certainement le dernier que j'ai considéré. C'est maintenant celui que j'utilise probablement le plus. Pour faire simple vous aurez la possibilité d'appliquer un réglage local, sur une zone circulaire ou ovoïde. Les possibilités d'application sont infinies, voici les 2 cas les plus fréquents me concernant :

  • Attirer l'attention sur une zone ou un sujet en modifiant légèrement son exposition. C'est comme proposer un léger coup de projecteur, ça peut modifier radicalement la lecture d'une photo.

  • En portrait, pour sélectionner rapidement la zone du visage et réduire la clarté de la peau.

Notez qu'il est possible d'annuler le réglage du filtre radial en sélectionnant certaines zones avec le pinceau. Vous pouvez être extrêmement précis dans son application.

La zone d'un des deux filtres utilisés sur cette photo

La courbe de tonalité

Pour appliquer du contraste sur une photo, vous aurez 3 principales manières d'utiliser les réglages sur Lightroom Classic :

  • Le réglage de contraste (DUH). Je l'utilise rarement car le contraste s'appliquera de manière uniforme sur toute votre photo.

  • Le réglage d'exposition, en baissant la valeur des ombres et augmentant la valeur des hautes lumières. Par défaut mes pré-réglages ont toujours un contraste appliqué de cette manière, avant que je touche à la photo.

  • La courbe de tonalité. On peut éviter de se compliquer la vie avec la courbe de tonalité, c'est pourtant l'outil le plus fin et précis, notamment pour gérer les contrastes de vos photos. Lightroom est bien fait, il vous proposera par défaut 2 courbes pré-réglées : "Contraste Moyen" et "Contraste Fort".

Tous mes pré-réglages Lightroom que j'utilise au quotidien proposent une courbe de tonalité avec du contraste. Expérimentez avec la courbe de tonalité et trouvez le style qui vous convient le mieux. Enregistrez vos courbes de tonalités préférées pour pouvoir les retrouver ou gagner en cohérence sur une série de photos.

Corriger en dessinant

L'outil de correction de Lightroom est merveilleux. En pratique je vais de moins en moins sur Photoshop, surtout depuis que j'ai découvert que l'on pouvait simplement dessiner avec l'outil de correction.

Je vais être franc avec vous, pendant longtemps quand j'avais une zone à corriger j'augmentais la taille du curseur de correction jusqu'à ce que le cercle en question soit suffisamment grand pour couvrir l'objet à corriger. Oui, je ne corrigeais qu'avec un seul clic... Alors qu'il suffit de réduire la taille du curseur, de continuer à appuyer du le clic gauche du mulot et de dessiner exactement ce que vous voulez corriger.

Et je me dis que je ne suis peut-être pas le seul, alors si je peux faire gagner un peu de temps à quelqu'un...

Si vous vous demandez, voici la photo finale après redressage, correction, recadrage et un pré-réglage :

Guides de recadrage

L'outil de recadrage est un des plus fréquemment utilisés sur Lightroom. J'ai pourtant mis quelques années avant d'apprendre qu l'on pouvait modifier les guides de recadrage avec la touche O lorsque vous êtes dans l'outil recadrage.

J'utilise presque tout le temps le guide de recadrage avec une diagonale et les deux verticales qui rejoignent les deux coins restants. Si je veux inverser le sens, j'appuie simplement sur "Shift O".

Notez que la touche X dans l'outil de recadrage permet de basculer rapidement d'un format horizontal vers un format vertical. Si je peux faire gagner un peu de temps, c'est cadeau.

Rester dans la Bibliothèque

Cette technique est plus un principe d'efficacité. Très souvent, je ne rentre même pas dans le Module de Développement et reste dans la Bibliothèque. J'utilise alors la section de développement rapide du Module Bibliothèque de Lightroom.

Dans le module de Développement Rapide, vous avez également accès à votre liste de pré-réglages depuis la Bibliothèque, ce qui me permet de procéder ainsi quand je veux aller vite :

  • 1 ère édition et sélection de photos

  • Sélection de toutes les photos

  • Application d'un pré-réglage

  • Exposition Automatique

  • Ajustement de l'exposition sur quelques photos

  • Sélection finale des photos avec un rendu optimal

Quand je veux aller vite, je ne passe dans le module de développement que pour quelques recadrages ou corrections minimes.

Le développement rapide dans le Module Bibliothèque de Lightroom Classic

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Le Mini Guide de la Photographie de rue

La Ville Miraculeuse - Paris, 2012

Qu'est-ce que la Photographie de rue ?

La photographie de rue est l'art de photographier des inconnus. Elle se pratique dans des lieux publics, que ce soit dans un parc, une gare, un centre commercial, une bibliothèque, un aéroport ou donc... la rue.

La Ville Miraculeuse - New York, 2011

Demander la permission

Est-ce qu'une photographie de rue doit être absolument naturelle et prise sur le vif ou est-ce que vous devez demander la permission ?

En fait, c'est un peu comme vous voulez. Parfois, vous voudrez vous approcher et demander un portrait. À d'autres moments, vous verrez une scène où il sera préférable de ne pas intervenir, où vous voudrez la capturer telle qu'elle est.

Quand je veux m'approcher très très près de mes sujets, je demande généralement la permission, mais pas toujours.

Pourquoi photographier dans la rue ?

En voilà une bonne question. Pourquoi photographier dans la rue ? Que cherchez-vous dans la photographie de rue ?

Personnellement je m'en remets à Joël Meyerovitz :

Un photographe de rue n’a aucune idée de ce qui va arriver chaque jour. Nous sortons dans les boulevards du monde, juste pour être dehors, et juste pour regarder la manière dont le monde continue à se présenter à nous avec des idées, des incidents et des moments de conscience.

Mais vous pourriez avoir différentes raisons d'apprendre et de pratiquer la photographie de rue :

  • Il y a toujours quelque chose de nouveau à voir, et cette pratique fonctionne particulièrement bien en voyage.

  • L'adrénaline ! Je peux vous assurer qu'une fois que vous aurez franchi le premier pas, vous aurez une bonne décharge. Certains y prennent simplement du plaisir.

  • La fonction sociale. On pourrait dire qu'un photographe de rue est d'abord un sociologue, qu'il montre ou démontre le monde qui l'entoure. Ou plus simplement, un photographe aime sincèrement les autres, la photographie de rue est d'abord une expérience humaine.

Pour aller plus loin :

Le meilleur appareil pour la photographie de rue

Pour la photographie de rue, je recommanderais un Ricoh GR, un Sony RX100 ou un Fuji X100, quelque soit la génération ils sont tous bons.

Mais vous pouvez certainement utiliser l'appareil que vous avez actuellement. Le meilleur moyen de pratiquer est de toujours avoir son appareil photo avec soi, c'est pour cela que je recommande des appareils compacts, qui tiennent dans une poche ou un manteau.

La meilleure focale ? Personnellement le juste équilibre se trouve à 40mm

Quelle est la meilleure focale ?

Si vous devez ne choisir qu'une seule optique, je vous conseille de choisir une focale fixe, sans zoom. Vous obtiendrez une meilleure qualité d'image, et cela vous forcera à vous déplacer et à être créatif dans vos compositions.

Si vous utilisez un viseur (optique ou électronique), la focale la plus polyvalente est le 35mm, et c'est parfait pour commencer. Si vous visez avec l'écran, à bout de bras, alors le 28mm est préférable. En allongeant le bras vous serez plus près de vos sujets.

La focale 50mm est également beaucoup utilisée. Elle fut notamment prisée par la légende de la photographie de rue Henri Cartier-Bresson. Je la trouve difficile à pratiquer pour mon goût, mais ce peut être un bon moyen de débuter, notamment parce que les optiques 50mm dites "Nifty Fifty" sont très abordables chez tous les fabricants. Vous trouverez généralement un premier prix avec les optiques 50mm F1.8.

D'une manière générale, la plus grande difficulté en photographie de rue est de s'approcher de ses sujets, une focale large (35mm et moins) vous y obligera et vous permettra de vous améliorer.

My Soul so Cool from the Bath of Light - Salvador de Bahia, 2019

Qui sont les grands maîtres en photographie de rue

Quel que soit le genre de photographie dans lequel vous souhaitez vous améliorer, étudiez les photographes reconnus et trouvez vos inspirations.

En photographie de rue, j'ai choisi les grands maîtres qui m'inspirent, trouvez les vôtres et étudiez leur manière de travailler :

La Ville Miraculeuse - Salvador de Bahia, 2019

Techniques de photographie de rue

Les techniques de prise de vues en photographie de rue sont faciles à résumer, elles correspondent toutes à l'un de ces deux principes :

  • Trouver un cadre et attendre ;

  • Trouver un sujet et le suivre.

Le principal frein au déclenchement en photographie est la peur, pour pratiquer la photographie de rue vous devrez vous confronter à vos peurs, et pour ça le meilleur moyen est de commencer par des portraits, pour vous habituer à aborder des inconnus. Puis vous pourrez petit à petit vous approcher et sauter l'étape de la permission. Alors seulement vous pourrez commencer à expérimenter des techniques créatives

Pour aller plus loin :

Primal NYC - 2019

Quel est le meilleur moyen de partager ses photos ?

Rien ne sera meilleur qu'un espace que vous contrôlez : ouvrez un blog gratuitement avec Wordpress.com et partagez vos photos sur un site à votre nom.

Ensuite vous pourrez partager vos photos sur les réseaux sociaux. Mon conseil est d'utiliser ceux dont vous avez l'habitude. Je déconseille les plateformes 500px ou Flickr si vous n'y êtes pas déjà. Si vous voulez expérimenter et chercher de nouvelles audiences, choisissez plutôt des plateformes en croissance.

Mais d'une manière générale ne passez pas trop de temps sur la diffusion de vos images, ça ne fera jamais de vous un(e) meilleur(e) photographe. En tout cas ne tenez pas compte des performances de vos photos sur les réseaux, surtout si vous débutez en photographie ou si vous commencez à peine à partager votre travail. Votre énergie sera mieux employée en travaillant sur un projet personnel au long cours. En plus il sera certainement plus regardé et partagé si vous le réalisez avec passion.

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Aurez-vous toujours peur de photographier dans la rue ?

Depuis quelques jours il est à nouveau possible en France de sortir de chez soi sans permission. Pas pour toutes les régions, dans un rayon de 100km et sous certaines conditions pour les transports publics ou les écoles. On est pas sortis des ronces.

La bonne nouvelle, c'est qu'une bonne partie d'entre vous avez maintenant la possibilité de sortir de chez vous pour photographier. Fini les séances d'auto-portraits à la fenêtre ou de lamentation sur notre appareil photo qui prend la poussière.

Est-ce que ce déconfinement amènera plein de photographes dans la rue ? Probablement pas. Et ce pour une raison très simple : la peur.

La photographie de rue est la raison d'être principale de mes formations, c'est une expertise qui est peu enseignée. Et dans cette discipline, le principal frein au progrès ou même à simplement essayer est LA PEUR. Oui, j'aime bien penser que la photographie est un sport, qu'un genre photographique est une discipline et une photo une performance. Ça ne change rien à l'histoire, c'est juste une manière de me motiver.

Je suis donc prêt à parier que nous ne verrons pas beaucoup plus de photographes de rue dans les jours à venir. Mais si je peux vous aider sur la peur, je ne vais pas me priver.

Voici 3 méthodes qui doivent vous aider sur vos peurs. Je limite à 3 pour que vous puissiez les pratiquer rapidement.

Demandez la permission

Il pourrait paraître étonnant de conseiller de demander la permission en photographie de rue. Est-ce que je ne perds pas un moment authentique en réalisant un portrait ?

Alors, déjà non. Qui a dit que la photographie de rue devait toujours être volée ? Personne. Ou j'men fous.

Et puis nous sommes là pour travailler sur la peur de photographier des inconnus. Le meilleur moyen de progresser sur la peur est de s'y confronter, d'aller vers les autres, vers quelqu'un qui vous intéresse, sans forcément lever son boitier ou lui mettre dans le nez.

Allez vers quelqu'un dont vous aimeriez une photo et dites :

  • "Bonjour, j'étudie la photographie. Est-ce que je pourrais prendre une photo de vous ?"

Ou toute autre version que vous trouvez polie et agréable. Vous avez le droit de sourire quand vous vous approchez ;)

Quand vous aurez demandé 10 fois la permission, vous verrez que la peur de photographier commencera à s'atténuer.

Pelourinho, Salvador de Bahia 2020 - Photo Genaro Bardy

Posez des questions

Passez du temps avec les personnes que vous photographiez. Vous en apprendrez plus sur eux, vous verrez plus d'attitudes et de détails dans leur comportement, tout ce que vous pourrez utiliser dans vos photos.

Posez des questions simples, comme si vous essayez de comprendre en 5 minutes qui ils sont et ce qui les intéresse. Ce sera perçu de manière amicale dans 90% des cas, et dites-vous que c'est légitime puisque vous avez déjà demandé si vous pouviez prendre des photos. Vous êtes photographe :)

Proposez toujours d'envoyer la photo plus tard, prenez les coordonnées des personnes dont vous avez le portrait. Et puis envoyez effectivement la photo ! Je suis parfois coupable sur cette partie.

L'idée ici est de vous faire travailler votre scène pour aller chercher de meilleurs clichés.

Pelourinho, Salvador de Bahia 2020 - Photo Genaro Bardy

La règles de 3

La règle de 3 est simple :

  • Quand vous voyez quelqu'un d'intéressant, vous avez 3 secondes pour faire 3 pas en avant et déclencher

Les moments intéressants en photographie de rue passent trop vite :

  • Soyez prêts sur vos réglages,
  • Observez avec toute votre attention,
  • Quand vous avez une intuition, ne réfléchissez pas,
  • Marchez en direction de votre sujet et déclenchez.

L'idée est de ne pas laisser le temps à de fausses excuses. La peur viendra toujours par des chemins de travers : "j'ai pas le bon réglage", "il avait l'air bizarre", "je suis trop loin"...

Ne laissez pas le temps à la peur de s'installer et de justifier l'abandon de cette pratique. C'est difficile, mais ça ira mieux à partir de la 3ème fois.

1 pas en avant, 2 pas en avant, 3 pas en avant, déclenchez. En 3 secondes.

Pelourinho, Salvador de Bahia 2020 - Photo Genaro Bardy

Si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour moi

Ironie de l'histoire, alors que nous sommes à la maison depuis deux mois, le confinement strict arrive à Salvador de Bahia, dans notre quartier. Les statistiques du Covid-19 ne faiblissent pas, malgré la fermeture de tous les commerces et écoles. Je vais donc continuer à shooter à la maison...

Mais j'espère bien voir vos photos, où que vous soyez ! Vous avez un site ou un compte Instagram où vous partagez vos photographies de rue ? Laissez-le en commentaire, je serai heureux d'aller voir ça.

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Inspiration Inspiration

Martin Parr et les 100 Livres

Est-ce que la vie d'après, ce sera des conversations sur HouseParty et des lives sur Instagram ? En tout cas le pendant en est bien rempli. Parmi les millions de conversations à domicile qui pullulent sur Youtube, je vous invite à observer les échanges entre photographes de l'agence Magnum. Le principe est simple, deux photographes de l'agence tirés au hasard se posent trois questions.

Le hasard est bien fait, il a réuni Martin Parr et David Alan Harvey, deux monuments de la photographie contemporaine.

https://www.youtube.com/watch?v=Lf_XAfZhn_o
Martin Parr vs David Alan Harvey

Voici ce que j'ai appris sur Martin Parr qui m'a surpris ou émerveillé :

Martin Parr a publié 110 livres

110 livres ! Martin Parr travaille sur deux nouveaux ouvrages en ce moment, sa production prolifique n'est pas près de s'arrêter. Probablement que personne au monde n'a toute la collection, à part un musée anglais vigilant.

Je me souviens m'être procuré The Last Resort à la MEP, il est malheureusement laissé derrière moi lors de mon installation au Brésil. C'est un livre que je trouve toujours extra-ordinaire, tellement simple et magique dans le message social qu'il porte.

Martin Parr rappelle ici que le livre est le meilleur véhicule pour la photographie. C'est une certitude, si nous ne travaillons pas sur un livre actuellement, nous passons certainement à côté de l'objectif majeur du photographe.

Allez, juste pour me motiver : à raison de deux livres par an, il me faudrait encore 53 ans pour rejoindre cette production. Franchement avec les progrès de la médecine, c'est jouable.

Martin Parr était enseignant avant de rejoindre Magnum

Je ne vais pas vous mentir, c'est l'information qui m'a le plus marqué dans cette discussion. Avant de rejoindre Magnum et de pouvoir exercer son regard dans les shootings les plus prestigieux, Martin Parr nous apprend que sa principale source de revenu était l'éducation à la photographie.

Parmi ses enseignements, l'exercice à Cuba pendant le Workshop de David Alan Harvey est savoureux :

"Pas de voitures américaines, et pas de jolies filles".

Martin Parr

Depuis que je suis au Brésil, l'éducation est devenue dominante dans ma vie. Pour mon plus grand bonheur, travailler sur des contenus et exercices pédagogiques a certainement fait de moi un meilleur photographe. Mais j'ai toujours dans un coin de ma tête que peut être l'enseignement se mettrait en travers de ma pratique.

Bien sûr que non, on peut être un bon photographe et un bon professeur, en tout cas j'essaye de le devenir. Ce que j'ai vraiment perdu dans la transition, ce sont des commandes commerciales ou institutionnelles. Et je travaille certainement plus sur des projets personnels maintenant.

Collectionné et Colectionneur

Non seulement Martin Parr est extrêmement prolifique, collectionné par les plus grandes institutions, mais il collectionne lui-même les livres photo. Il en a eu de toutes sortes et de tous les genres, ses livres sur l'histoire du livre photo sont remarquables.

On apprend dans cette interview qu'il a vendu sa collection de plus de 13 000 livres au Tate Museum, ce qui lui a permis de recueillir les fonds pour la Fondation Martin Parr.

Je suis rassuré, mon obsession pour les livres photo peut avoir une fin, un jour :)

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Pour conclure, je tiens également à vous renvoyer vers le travail fabuleux de David Alan Harvey, un des photographes que j'admire le plus. Vous pouvez aussi explorer Burn Magazine (en Anglais), qu'il dirige.

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Comment je règle mon appareil photo pour ne plus y penser

C'est probablement la partie de la pratique photographique à laquelle je pense le moins : le réglage de l'appareil. Néanmoins, lors du lancement de ma formation à la photographie, certains participants m'ont dit être débutants en photographie, ils ont acheté leur premier appareil photo il y a très peu de temps. Alors je tiens à préciser ici ce que je ne décris pas dans la partie technique de mon dernier livre : comment je règle mon appareil photo.

Avant tout je tiens à dire que ce qui suit n'est en rien une recommandation ou un conseil. C'est ma méthode, celle que j'emploie qui correspond probablement le mieux à ma pratique de la photographie. L'idée est ici de vous l'expliquer pour que vous trouviez la vôtre.

La technique, il est bon de la fréquenter pour la connaître intimement.

Après quoi elle doit vous ficher royalement la paix.

Robert Doisneau

Par défaut : Priorité Vitesse

Mon mode de prise de vue par défaut est le mode Priorité Vitesse. Les types de photographies que je pratique le plus sont dépendants de la Vitesse d'obturation. Que ce soit en commande ou en reportage, chez moi avec un enfant en bas âge, ou en photographie de rue qui m'occupe le reste du temps, je ne veux pas louper un moment qui passe vite parce que je serais réglé trop lent.

Ainsi, en mode Priorité Vitesse, je règle par défaut au 1/250e de secondes. Ma Sensibilité est fonction de la quantité de lumière, le plus souvent 400 / 800 ou 1200 ISO. J'ai tendance à commencer assez haut en sensibilité pour ne pas risquer de taper régulièrement dans la plus haute Ouverture, qui sera décidée par mon appareil.

Dans un mode semi-automatique comme la priorité Vitesse, ma mesure d'exposition est importante. Pourtant, je la change rarement voire jamais, elle est réglée sur le centre de mon image. Quand j'ai besoin de varier mon exposition, j'utilise la molette ou le contrôle de cette mesure d'exposition selon le boîtier.

Enfin mon autofocus est par défaut en AF-S Single Shot. Notamment en photographie de rue, je veux décider où est mon point, même sur des sujets en mouvement. Je ne passe en AF-C Continu qu'en famille, mon fils étant assez tonique :) ; ou lors d'un événement ou les mouvements sont intenses. Je travaille notamment pour une salle de sport, je réussi plus de clichés en AF-C dans ce cas là.

Pour aller plus loin :

Contrôlez le mouvement – le mini-guide de la vitesse

Paysage et Portrait : quand je veux maîtriser la profondeur de champ

Prenons l'exemple de la photographie de rue, mon appareil est le plus souvent réglé sur cette pratique. Je suis donc en mode Priorité Vitesse au 1/250e de secondes. Le contrôle de la vitesse me permet d'être créatif avec des vitesses très basses (en dessous du 1/60e de secondes), ou de figer des sujets très rapides en réglant facilement au 1/500e ou 1/800e de secondes.

Puis quand je bascule sur un portrait ou un paysage, où la profondeur de champ sera importante, je passe en priorité Ouverture et règle sur F2 à F4 pour le portrait et F8 à F16 pour le paysage. Pour un portrait je tourne la molette au moment où je commence à discuter et demander à mon sujet si je peux passer un peu de temps avec lui. Pour un paysage, par principe on va dire que j'ai le temps de régler précisément, puis d'attendre éventuellement qu'une scène au premier plan soit meilleure.

Pour aller plus loin :

Le mini-guide de l’ouverture

Mode Programme (P) de plus en plus souvent

Depuis que je passe mes journées avec un Ricoh GR, je dois bien dire que le plus souvent je suis en mode de prise de vue P avec une sensibilité à 1200ISO. 80% du temps le Ricoh GR ira sur F5.6 et une vitesse plutôt élevée. Si jamais j'ai besoin de contrôler la profondeur de champ, je peux toujours mettre un coup de molette dans un sens ou dans l'autre.

En photographie de rue, le mode P + 1200 ISO est redoutable, ultra rapide. Mon autofocus est en mode Snap sur le Ricoh GR avec une distance à 3m, ce qui veut dire que dans la grande majorité des cas je n'ai pas besoin de faire de mise au point (le mode Snap saute l'étape de l'autofocus et reste calé sur une distance), tout sera net entre 3m et 10m devant moi. Avec la taille du boîtier et le mode Snap, je shoote plus, plus souvent, je peux travailler mes scènes beaucoup plus longtemps avant d'être repéré.

Pour aller plus loin :

Vous avez le droit d’utiliser un mode automatique

Trouvez votre système

Le réglage de votre appareil doit d'abord être contraint par votre intention créative. Partez de ce dont vous avez besoin, puis déduisez le réglage qui correspond le mieux. Les modes automatiques, s'ils sont bien maîtrisés, sont parfaits pour être plus rapide dans votre exécution. Je n'ai jamais vu le mode manuel comme une preuve d'expertise, j'y suis simplement contraint parce qu'un de mes boitiers a une mesure d'exposition défectueuse.

J'espère que ces petits réglages vous aideront, allez voir les articles en référence si ce que je vous raconte est encore trop complexe :

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Inspiration Inspiration

5 photographes inspirants pendant le confinement

J'ai cru pendant plusieurs semaines que tout allait revenir à la normale, je ne voulais pas voir que la situation actuelle allait durer. Puisque j'écrivais essentiellement sur la photographie de rue en ce moment, j'ai arrêté net d'écrire. Et puis j'étais occupé entre mes affaires personnelles qui ont pris un coup d'arrêt brutal, ma vie familiale qui a pris une place dominante dans les quelques heures que nous avons chaque jour, enfin avec les formations en direct et le programme l'Étincelle qui me prenait le reste jusqu'à son lancement.

Mais la photographie n'est pas sortie de ma vie, au contraire. Jamais je n'arrêterai, j'irai au bout en continuant à déclencher parce que j'aime trop voir, chercher, composer, raconter. Alors oui, ma famille a une place très importante dans les clichés que je sors, mais c'est très bien comme ça.

Ainsi donc voici 5 photographes que j'ai trouvé particulièrement inspirants pendant le confinement. Il semblerait que le sujet soit plutôt au déconfinement en France, mais je suis à peu près certain que nous passerons encore beaucoup de temps chez nous dans les mois à venir, ça ne peut être qu'utile. Je n'ai pas suivi toutes ces photographes dans leur démarche, mais j'ai trouvé tous ces projets ou clichés très inspirants, et quand j'ai produit quelques photos en pensant à eux je les partagerai également.

1. Elliott Erwitt

Le photographe légendaire New Yorkais Elliott Erwitt est connu pour sa photographie de rue, mais il a également publié quantité de photographies de sa famille, prises chez lui. Elles sont d'une douceur étonnante, tellement intimes en en même temps avec une pudeur bouleversante. Elliott Erwitt me pousse à prendre mon appareil aussi souvent que possible quand mon fils se réveille.

Photo Elliott Erwitt - Magnum

Photo Elliott Erwitt - Magnum. New York City. 1950.

Nous avons en commun avec Elliott d'avoir des chats à la maison, ce qui rend les sujets faciles à trouver :)

Photo Genaro Bardy

2. Martin Argyroglo

En référence à la Tentative d'épuisement d'un lieu Parisien de Georges Pérec, le photographe Martin Argyroglo photographie au jour le jour la place des fêtes du 19ème arrondissement de Paris. Il en produit beaucoup d'autres, allez voir son travail sur son site.

Photo Martin Argyroglo

Photo Martin Argyroglo

Photo Martin Argyroglo

Vivant au 14ème étage d'un immeuble, je me suis prêté également à l'exercice, mais je dois reconnaître avec moins de régularité.

Photo Genaro Bardy

Photo Genaro Bardy

Photo Genaro Bardy

3. Daido Moriyama

Le photographe originaire d'Osaka est souvent présenté comme le "Pape de la photographie de rue Japonaise". Il est notamment connu pour s'approcher plus que de raison de ses sujets, on pourrait dire qu'il pratique une sorte de "Macro urbaine", où les signes et symboles abstraits se mélangent à des affiches ou mots trouvés dans son quotidien.

Photo Daido Moriyama

Photo Daido Moriyama

Photo Daido Moriyama

Sans aller dans son côté brutal, je trouve intéressant de m'approcher et d'essayer de voir des formes à des distances nouvelles. Daido Moriyama a participé au développement du Ricoh GR que j'utilise aussi dans mon quotidien, avoir une optique macro a ouvert de nouvelles perspectives dans ma photographie.

Photo Genaro Bardy

Photo Genaro Bardy

Photo Genaro Bardy

4. Richie Lema

Les portraits de Richie Lema sont drôles, originaux, percutants. Je ne me lasse pas de me replonger dans les films dont il s'inspire et qu'il utilise pour ses auto-portraits... dans sa baignoire !!!

Ce projet est fascinant, fabuleux. Je serais bien incapable de m'inspirer de son travail, mais l'idée est remarquable et parfaitement exécutée, ça peut orienter les amateurs de portraits sur de nouvelles pistes.

https://www.instagram.com/p/B_fATOIIB6J/

https://www.instagram.com/p/B-UX_7yIEB9/

https://www.instagram.com/p/B-ezSm_o-iH/

https://www.instagram.com/p/B-rxTA8ITPj/

5. Erin Sullivan

Enfin terminons cette série d'inspirations par Erin Sullivan, photographe de voyages qui a décidé de mettre en scène son intérieur et de minuscules figurine pour reproduire des ambiances d'exploration et de grands espaces. Le résultat est spectaculaire, quel boulot !

https://www.instagram.com/p/B_AdfZppAE1/

https://www.instagram.com/p/B-uo3H4poLg/

https://www.instagram.com/p/B-YH5vIJl7R/

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Rhétorique de la photographie

La photographie est un moyen de communication. Que vous communiquiez une histoire vraie, du journalisme, ou que vous ayez une intention artistique ou répondiez à un besoin commercial d'un client, une photographie sera toujours un moyen de communication.

De ce constat extrêmement simple se déduit une conséquence majeure dans la pratique photographique, le message de vos photos utilise une rhétorique.

Chaque photographie est un message

Avant d'étudier les différents moyens de mettre en pratique la rhétorique en photographie, observons l'effet de 3 types de légendes sur une même photographie :

La légende dite "technique" est en réalité une hérésie, elle ne dit rien de la photographie. Je vois trop de photographes rester sur ce premier niveau sans jamais pousser plus loin. À la limite on pourrait parler de technique de composition et du mouvement qui a amené cette photo, mais là encore ça ne donnera pas grand chose de consistant :

Non, toujours pas. Seule une légende digne de ce nom devrait accompagner cette photo.

Même caricatural, l'objectif de ce petit exercice est de montrer que la photographie est un message, et qu'une photo fonctionne toujours avec une légende.

Je vois déjà les commentaires qui ne manqueront pas de souligner que certains photographes partagent leurs photos sans légende, parce que leur photo se suffit à elle-même. Je suis le premier à ne pas toujours utiliser des légendes. Mais une photo sans légende contient dans son message ce que l'on connait du photographe dont on voit la photo. Même sans légende, un spectateur forme une représentation avec les informations dont il dispose.

Rhétorique de la photographie

En matière de rhétorique, définie comme "art du discours", rien de mieux n'a été conceptualisé depuis bien longtemps. En l'occurence par Aristote, dans son essai du même nom.

Aristote distingue 3 éléments fondamentaux en rhétorique : Logos, Ethos et Pathos.

Le Logos fait appel à la pure logique. Le message doit permettre à l'auditeur (pour nous le spectateur de la photo) de suivre une démonstration.

L'Ethos fait appel à l'autorité et la réputation. En photographie ce sera essentiellement amené par le contexte de la photographie, que ce soit un média, un roman, un post Instagram sponsorisé ou une exposition.

Le Pathos fait appel à l'émotion. En photographie il semble apparent qu'une photographie sans émotion n'aurait littéralement aucun sens. Néanmoins, certains types de photographies utilisent plus ou moins l'émotion en fonction de l'objectif de leur message.

Logos, Ethos et Pathos selon le type de photographie

Afin de mieux comprendre la rhétorique appliquée à la photographie, il me semble intéressant d'établir les différences entre 3 types de photographies. Chacune d'elles utilisera à la fois Logos, Ethos et Pathos, mais dans des proportions différentes selon l'objectif de leur message.

Dans le cas d'une photographie commerciale, l'objectif du message est la persuasion. Pour vendre, pour divertir ou pour démontrer, la photographie est au service d'un client qui communique auprès de ses propres clients. La photographie commerciale ou institutionnelle baigne dans le Logos. Une photo est ratée d'abord si elle ne sert pas l'objectif de communication du client.

Dans le cas d'une photographie destinée au journalisme, le message est une vérité. Cette vérité est subjective, elle se réfère au point de vue du photographe ou du média qui diffuse la photo, mais ce sera toujours une vérité. La photo doit montrer ce qui est, sans le transformer. Ainsi le photo-journalisme aurait pour valeur dominante dans son message l'Ethos. La réputation et l'autorité du média sont dominants sur le nom photographe dans la perception du message et donc de la photo. Dans le cas où le photographe n'est pas l'auteur de l'article ou de l'histoire, la qualité du journaliste qui complète le tandem peut être cruciale. Notons enfin qu'une grande part de l'Ethos vient de l'éditeur photo qui travaillera également au plus proche du photographe côté média.

Dans l'hypothèse, enfin, d'une photographie artistique, qui aurait pour objectif de présenter le message de son auteur. La rhétorique va être utilisée tant dans le contenu des photographies que dans le contexte : les légendes des photos, l'histoire racontée ou la manière de présenter les photographies. Une exposition ne présente pas le même contexte qu'un livre photo, c'est une évidence mais l'idée est ici de montrer que toute photo artistique sera accompagnée d'une histoire. Le message de la photo sera une partie de cette histoire. La photographie artistique aura, vous l'aurez compris, une valeur dominante dans le Pathos.

Encore une fois tout type de photographie fait appel à la logique, à l'autorité ou à l'émotion, simplement dans des valeurs dominantes différentes.

À titre d'exemple, prenons encore une même photo, légendée selon le Logos, l'Ethos ou le Pathos :

Cette photo aurait bien sûr pu vendre beaucoup d'autres choses.

Un message beaucoup plus classique, que j'ai utilisé dans le contexte d'une histoire pour un magazine de voyage : Serendipia by TravellerMade

Enfin un appel à l'émotion très personnel, que je suis susceptible d'utiliser dans une formation ou unworkshop. Il y aurait là aussi beaucoup d'autres manières de faire plus appel à l'émotion, en parlant du propriétaire, de la scène qui se déroulait ou de l'histoire des différents personnages présents sur cette photo.

Le contenu de cet article est issu du programme de formation à la photographie L'Étincelle.

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