Aurez-vous toujours peur de photographier dans la rue ?

Depuis quelques jours il est à nouveau possible en France de sortir de chez soi sans permission. Pas pour toutes les régions, dans un rayon de 100km et sous certaines conditions pour les transports publics ou les écoles. On est pas sortis des ronces.

La bonne nouvelle, c’est qu’une bonne partie d’entre vous avez maintenant la possibilité de sortir de chez vous pour photographier. Fini les séances d’auto-portraits à la fenêtre ou de lamentation sur notre appareil photo qui prend la poussière.

Est-ce que ce déconfinement amènera plein de photographes dans la rue ? Probablement pas. Et ce pour une raison très simple : la peur.

La photographie de rue est la raison d’être principale de mes formations, c’est une expertise qui est peu enseignée. Et dans cette discipline, le principal frein au progrès ou même à simplement essayer est LA PEUR. Oui, j’aime bien penser que la photographie est un sport, qu’un genre photographique est une discipline et une photo une performance. Ça ne change rien à l’histoire, c’est juste une manière de me motiver.

Je suis donc prêt à parier que nous ne verrons pas beaucoup plus de photographes de rue dans les jours à venir. Mais si je peux vous aider sur la peur, je ne vais pas me priver.

Voici 3 méthodes qui doivent vous aider sur vos peurs. Je limite à 3 pour que vous puissiez les pratiquer rapidement.

Demandez la permission

Il pourrait paraître étonnant de conseiller de demander la permission en photographie de rue. Est-ce que je ne perds pas un moment authentique en réalisant un portrait ?

Alors, déjà non. Qui a dit que la photographie de rue devait toujours être volée ? Personne. Ou j’men fous.

Et puis nous sommes là pour travailler sur la peur de photographier des inconnus. Le meilleur moyen de progresser sur la peur est de s’y confronter, d’aller vers les autres, vers quelqu’un qui vous intéresse, sans forcément lever son boitier ou lui mettre dans le nez.

Allez vers quelqu’un dont vous aimeriez une photo et dites :

  • « Bonjour, j’étudie la photographie. Est-ce que je pourrais prendre une photo de vous ? »

Ou toute autre version que vous trouvez polie et agréable. Vous avez le droit de sourire quand vous vous approchez 😉

Quand vous aurez demandé 10 fois la permission, vous verrez que la peur de photographier commencera à s’atténuer.

Pelourinho, Salvador de Bahia 2020 – Photo Genaro Bardy

Posez des questions

Passez du temps avec les personnes que vous photographiez. Vous en apprendrez plus sur eux, vous verrez plus d’attitudes et de détails dans leur comportement, tout ce que vous pourrez utiliser dans vos photos.

Posez des questions simples, comme si vous essayez de comprendre en 5 minutes qui ils sont et ce qui les intéresse. Ce sera perçu de manière amicale dans 90% des cas, et dites-vous que c’est légitime puisque vous avez déjà demandé si vous pouviez prendre des photos. Vous êtes photographe 🙂

Proposez toujours d’envoyer la photo plus tard, prenez les coordonnées des personnes dont vous avez le portrait. Et puis envoyez effectivement la photo ! Je suis parfois coupable sur cette partie.

L’idée ici est de vous faire travailler votre scène pour aller chercher de meilleurs clichés.

Pelourinho, Salvador de Bahia 2020 – Photo Genaro Bardy

La règles de 3

La règle de 3 est simple :

  • Quand vous voyez quelqu’un d’intéressant, vous avez 3 secondes pour faire 3 pas en avant et déclencher

Les moments intéressants en photographie de rue passent trop vite :

  • Soyez prêts sur vos réglages,
  • Observez avec toute votre attention,
  • Quand vous avez une intuition, ne réfléchissez pas,
  • Marchez en direction de votre sujet et déclenchez.

L’idée est de ne pas laisser le temps à de fausses excuses. La peur viendra toujours par des chemins de travers : « j’ai pas le bon réglage », « il avait l’air bizarre », « je suis trop loin »…

Ne laissez pas le temps à la peur de s’installer et de justifier l’abandon de cette pratique. C’est difficile, mais ça ira mieux à partir de la 3ème fois.

1 pas en avant, 2 pas en avant, 3 pas en avant, déclenchez. En 3 secondes.

Pelourinho, Salvador de Bahia 2020 – Photo Genaro Bardy

Si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour moi

Ironie de l’histoire, alors que nous sommes à la maison depuis deux mois, le confinement strict arrive à Salvador de Bahia, dans notre quartier. Les statistiques du Covid-19 ne faiblissent pas, malgré la fermeture de tous les commerces et écoles. Je vais donc continuer à shooter à la maison…

Mais j’espère bien voir vos photos, où que vous soyez ! Vous avez un site ou un compte Instagram où vous partagez vos photographies de rue ? Laissez-le en commentaire, je serai heureux d’aller voir ça.