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5 leçons de photographie avec Susan Meiselas

Susan Meiselas est une photographe documentaire née le 21 juin 1948 à Baltimore, dans le Maryland. Elle a notamment obtenu un diplôme “Master of Arts” en éducation visuelle de l'Université de Harvard. 

Magnum Photos est associé à Susan Meiselas depuis 1976, et elle en est membre à part entière depuis 1980. Le travail de Susan Meiselas sur les questions de droits de l'homme en Amérique latine est bien connu. Ses photographies font partie de collections nord-américaines et internationales. Ses clichés les plus connus sont ceux du Nicaragua déchiré par la guerre et des strip-teaseuses des carnavals américains des années 1970. 

Parmi les ouvrages que Meiselas a édités et auxquels elle a contribué figurent El Salvador : The Work of Thirty Photographers et Chile from Within, qui présentait des images prises par des photographes vivant sous le régime de Pinochet. Les trois films qu'elle a co-réalisés sont Living at Risk : The Story of a Nicaraguan Family, Pictures from a Revolution, dans lequel elle recherche les personnes figurant sur ses photographies dix ans après qu'elles ont été prises, et Re-Framing History, dans lequel elle retourne au Nicaragua avec 19 peintures murales pour les placer dans le paysage où elles ont été réalisées afin d'interroger à nouveau l'histoire qu'elles représentent 25 ans plus tard.

Susan a organisé une histoire photographique centenaire du Kurdistan sur une période de six ans, en incorporant son propre travail dans Kurdistan : In the Shadow of History, ainsi que le site web pionnier aka KURDISTAN, une archive en ligne de la mémoire collective et des échanges culturels.

Susan Meiselas est une photojournaliste de légende que j’ai découvert pour ses talents pédagogiques, qui ne sont pas les moindres. Je vous propose ici certaines de ses réflexions sur l’évolution du métier de photographe.

1- Trouvez votre vision unique

« Certains d’entre nous se sont retrouvés dans des situations où il y a beaucoup d’autres photographes avec exactement le même cadre, et pourtant nous voyons des moments et des cadres complètement différents. Alors, qu’est-ce qui est important ? L’histoire qui est racontée ? Ou est-ce la vision de ce qu’est une histoire ? »
— Susan Meiselas

Quand j’espérais travailler régulièrement pour la presse, il ne se passait pas un week-end sans que j’aille voir les manifestations à Paris. J’étais un de ces jeunes photographes morts de faim, dans tous les sens du terme. Nous étions nombreux. Très nombreux. Comme dans toute photographie, ce qui va faire une différence entre les photographes est parfois la capacité à accéder à certains contacts chez des médias ou des clients. Mais je crois sincèrement que des photos fortes et originales prennent vie et dépassent le photographe. Ce qui fait vraiment la différence est l’originalité du point de vue, la réflexion, le sens de l’histoire qui est à raconter. En d’autres termes, dix photographes au même endroit auront dix visions différentes du monde et ne produiront pas les mêmes photos.

De manière plus prosaïque, quand j’emmène des photographes dans des lieux photographiés des millions de fois chaque à New York ou à Paris, je les invite à réfléchir à une manière originale de présenter ce lieu, même si cela paraît impossible. Trouver sa vision est un travail, et si vous n’êtes pas sûr de la direction que vous prenez dans votre photographie, c’est probablement que vous avez encore besoin de la chercher.

Susan Meiselas / Magnum Photos

Susan Meiselas / Magnum Photos

Susan Meiselas / Magnum Photos

2- Utilisez de nouvelles formes de narration

« J’ai l’impression de travailler sur plusieurs plateformes depuis longtemps, donc même si mon cœur de métier est la photographie, j’essaie toujours de trouver des formes différentes de narration. L’endroit logique pour le travail d’un photographe est la publication, mais nous y avons moins accès aujourd’hui, alors que l’environnement en ligne nous est totalement ouvert, mais cela ne crée pas nécessairement une forme, cela crée simplement une large distribution.

Je pense que le défi pour les photographes est toujours d’apporter une compréhension totale à leur travail et de lui donner une forme. Personnellement, je trouve qu’explorer le film et intégrer la photographie est tellement plus facile grâce à la technologie numérique. Il existe d’énormes possibilités d’expérimentation, même avec de très petites histoires. Il faut juste trouver suffisamment de temps et le bon projet pour trouver quelque chose d’expressif et de particulier aux nouveaux médias. »
— Susan Meiselas

Le métier de photographe a toujours été dans un mouvement permanent, dans une conquête de nouvelles formes de narration qui ont parfois l’air de brûler sur leur passage les précédentes. J’ai l’impression d’avoir toujours entendu que le métier de photographe était plus doré avant. Je me souviens notamment de ces photographes qui me demandaient s’il fallait partager leur travail sur des réseaux sociaux, pendant que je vendais trois tirages de la photo du jour.

Je suis bien sûr concerné ce problème, je n’arrive pas à me résoudre aux nouveaux formats, souvent verticaux, souvent en vidéo. Pourquoi produire des Reels ? Pendant que je me pose cette question, des photographes gagnent des milliers d’abonnés et vendent sûrement plusieurs tirages sur TikTok :)

Cette réflexion ne concerne pas seulement la distribution de son travail en photo. Il est certainement encore plus important d’intégrer de nouveaux outils dans la narration elle-même. L’enjeu pour tout photographe est de créer. De créer, et aussi de transmettre, d’exprimer, et de faire comprendre, de donner du sens à ses photos. Tout comme un tableau uniquement rempli de vert ne se résume pas à sa couleur, il a un sens, un message. Avec les nouveaux médias, prendre le temps d’utiliser ses clichés et leur donner une nouvelle forme est essentiel.

Susan Meiselas / Magnum Photos

Susan Meiselas / Magnum Photos

Susan Meiselas / Magnum Photos

3- Inventez de nouveaux modèles

« Il y a maintenant beaucoup de possibilités d’expérimentation, qui ne sont limitées que par le temps, la vision et la concentration. Bien sûr, je suis très préoccupée par les questions économiques, moins pour moi en ce moment que pour les générations futures qui ont été inspirées et qui doivent trouver de nouveaux modèles pour financer leur travail. Je n’ai pas eu besoin d’inventer un nouveau modèle quand j’avais vingt ans, j’ai travaillé d’une manière qui me convenait et des opportunités se sont présentées, comme ce sera peut-être le cas pour les générations futures. Mais il faudra qu’elles aient l’esprit d’entreprise et qu’elles soient créatives et innovantes dans leur façon de créer des communautés, qu’elles se soucient du travail qu’elles font. Elles devront avoir la conviction de ce qu’elles veulent dire.

Aujourd’hui, les histoires peuvent avoir un impact incroyable à une échelle que nous n’avons jamais connue auparavant. Il est évident que nous avons capturé des moments dans le passé qui ont été distribués internationalement et nous ont alertés d’événements importants, mais aujourd’hui ces moments sont diffusés simultanément à une communauté mondiale. Peut-être cela a-t-il commencé avec le 11 septembre, même si nous ne tweetions pas à l’époque. La technologie numérique et le nouveau paysage médiatique ont augmenté les possibilités d’impact multiple pour un ensemble d’images. Cela crée des opportunités, mais cela peut aussi être accablant. »
— Susan Meiselas

Si vous ne devez retenir qu’une seule chose de cet article : ayez de la conviction. Sinon, commencez à vous en forger une. Les possibilités en photographie avec les nouveaux médias et les nouvelles formes de narration ou de distribution sont infinies. La seule chose qui nous manque est de le temps pour faire, produire les photos et exécuter les idées que nous pourrions avoir.

Vous travaillez sur des sujets qui ont vocation à avoir un impact, qui sont militantes ? Les possibilités de distribution de vos photos sont innombrables, et toutes les parties prenantes du sujet qui vous occupe sont accessibles. Allez au delà des médias, pensez aux associations, aux ONG, aux entreprises qui sont concernées par votre message.

Vous avez une démarche d’auteur et préférez travailler au long cours ? Les possibilités ouvertes par le financement participatif ont donné lieu ces dernières années à des centaines d’ouvrages qui n’auraient probablement jamais vu le jour. Et il y a sûrement de nouveaux modèles à inventer.

Pour ceux qui se considèrent avant tout comme des artistes et veulent exposer leur travail, il est indéniable que les NFT ont bouleversé le paysage et le marché artistique depuis deux ans, malgré tous les défauts inhérents à ces nouvelles formes de distribution. Et il est à peu près certain que les NFT représentent plus l’avenir que le passé de la distribution des arts numériques, dont la photographie fait partie.

Susan Meiselas / Magnum Photos

Susan Meiselas / Magnum Photos

Susan Meiselas / Magnum Photos

4- Adaptez-vous en permanence

« Nous avions l’habitude de parler de “fatigue de la compassion”. J’évite les médias sociaux parce que c’est un défi de rester sensibilisé, afin de pouvoir ressentir ce que je ressens et agir en conséquence quand cela me semble juste... Lorsque j’ai réédité le livre sur le Nicaragua, environ 30 ans plus tard, j’avais réalisé le long métrage Pictures from a Revolution, et nous avons inséré le DVD à la fin du livre. Et j’ai adoré l’idée que cet objet linéaire fixe puisse avoir cette extension de temps incorporée en lui.

Quand Aperture a voulu publier une troisième édition du livre, ils ont dit que nous ne pouvions pas faire de DVD parce que plus personne ne les utilise. On ne prévoit pas que la technologie évolue aussi vite. Cette fois-ci, j’ai donc personnalisé, avec une équipe de développeurs, une application appelée “Look and Listen”, qui vous permet de placer votre téléphone au-dessus d’une image donnée et de déclencher le clip sonore correspondant du film, afin que vous puissiez entendre la voix des personnes présentes sur les images. Cela répond à un certain type de tempérament que nous avons aujourd’hui : personne ne veut regarder un film de 90 minutes, mais un clip de 2 à 4 minutes correspond à peu près à notre capacité d’attention. »
— Susan Meiselas

Si vous êtes sérieux avec votre photographie, il n’y a qu’une seule manière d’avancer : vous devez vous ré-inventer en permanence. Je ne compte plus les virages dans mon parcours de photographe. Depuis deux ans, j’ai le bonheur de pouvoir accompagner des photographes dans ces transformations personnelles, et c’est exactement pour cela que je propose mon programme de Mentorat.

Peut-être que pour vous, cela commencera par la production d’un essai ou projet photographique personnel, auquel cas j’ai également conçu cette formation pour vous y aider.

Susan Meiselas / Magnum Photos

Susan Meiselas / Magnum Photos

Susan Meiselas / Magnum Photos

5- Ce n'est pas l'objectif que vous utilisez, c'est l'objectif que vous pensez être

« J’aime changer d’appareil photo, j’aime faire l’expérience de différents appareils. Il y a quelque chose dans un changement de format qui fait bouger l’œil différemment. L’Hasselblad est un appareil très immobile, parfaitement aligné, avec un horizon plat. Avec un appareil panoramique, quand vous bougez, il bouge, et vous avez donc une relation très différente avec un sujet en mouvement. Il était parfait pour un processus et un projet particulier, mais je ne l’ai plus utilisé depuis...

Le Leica était parfait pour les strip-teaseuses du carnaval, mais pas pour moi maintenant. En numérique, j’ai eu tendance à travailler avec une seule marque, Canon. Le numérique est phénoménal pour la qualité qu’il peut vous donner, mais c’est un appareil lourd... Entre un Hasselblad et un Rollei, il n’y avait peut-être pas une grande différence, parce qu’ils étaient tous deux carrés, bons pour le portrait, alors que pour le reportage, un 35 était bien.

Je ne parle pas des objectifs - c’est un autre sujet. Inévitablement, quelqu’un me demande après une conférence : “Quel objectif utilisez-vous ?” Ce à quoi j’ai répondu : ce n’est pas l’objectif que vous utilisez, c’est l’objectif que vous pensez être. »
— Susan Meiselas

L’appareil photo n’est qu’un outil. J’irais même jusqu’à penser que les photos doivent devenir elles-mêmes des outils, au service d’une vision, d’un message et d’un objectif personnel.

Susan Meiselas / Magnum Photos

Susan Meiselas au Nicaragua en 1971

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Le temps d’écrire

Les apparences sont probablement trompeuses, mais j’ai régulièrement le syndrome de la page blanche. Je ne sais pas à propos de quoi écrire. Je rentre de New York, épuisé par les kilomètres et l’intensité de cette ville miraculeuse, et quand je me projette dans l’avenir j’imagine bêtement comment je pourrais avoir une chaîne Youtube. Et puis, comme toujours, je reviens à l’écrit. Je reviens à cet amour infini pour le verbe et le flux de conscience qui commence dès que je prends le clavier et me laisse porter par une intuition.

Le temps qui se présente devant moi ne sera pas consacré à des films, parce que j’aime trop écrire. Je repense à ce que je disais à une amie quand je commençais à dire qu’un jour je voudrais être photographe : “je veux faire des photos et écrire”. Dix ans plus tard, alors que je m’apprête à montrer enfin mon quatrième livre photo, produit en même temps que le troisième, je pense déjà au suivant.

Je croyais depuis l’année dernière et la reprise de mes visites à Paris que ce nouveau projet serait à propos des Parisiens. Mais comme je l’explique souvent aux photographes que j’accompagne, tout sujet peut être traité en bas de chez soi. Le problème avec les voyageurs, c’est parfois de bien comprendre où est chez soi. Pour moi, c’est maintenant un peu plus simple, chez moi c’est ma famille : Fernanda, Luna et Tom.

Ce projet, je l’ai en moi depuis un an et je veux commencer à l’écrire. En vérité, je veux encore plus l’aboutir, parce que je sais déjà ce que je veux dire, même si je crois que ça ne ressemblera à rien que je n’aie déjà vu. C’est inconnu et c’est ce qui rend ce projet tout autant excitant que vertigineux, car j’aimerais qu’il soit un peu plus vu que si je le produisais seul. Je vais donc partir en quête d’un éditeur.

Si vous voulez mener un projet, vous feriez probablement mieux de ne pas en parler avant qu’il ne soit abouti. C’est pour cela que j’en donne peu de détails. Mais si je vous dis ça, c’est un peu aussi pour me forcer à la tâche. En annonçant l’idée, je veux me donner une perspective, voire une date limite. Je veux me lancer, et ne plus regarder en arrière. Je veux écrire, enfin.

Mon nom est Personne - New York, Mai 2022

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Comment photographier en mode manuel avec la règle Sunny 16

Si vous photographiez avec d’anciens appareils argentique, vous avez probablement entendu parler de la règle “Sunny 16” (Sunny Sixteen) ou F16. Comme beaucoup de “règles” en photographie, Sunny 16 est surtout un moyen mnémotechnique pour régler votre appareil photo lorsque vous n’avez pas de mesure d’exposition, ou simplement pour savoir comment régler son appareil en mode manuel, selon les conditions météo qui s’offrent à vous.

Avant toute chose, sachez que je ne recommande pas de se forcer à régler son appareil photo en mode manuel en toute circonstance. Cela n’indique en rien la qualité du photographe et ce n’est pas du tout indispensable. En ce qui me concerne, je suis en mode manuel le plus souvent par habitude, ou parce qu’un boîtier est défaillant, comme ce fut le cas sur la mesure d’exposition de mon boîtier principal il y a peu. À vrai dire, en photographie de rue, je vous déconseille d’utiliser un mode manuel, pour éviter de louper des scènes intéressantes qui passent trop vite.

Mais connaître quelques principes de base pour régler son appareil en manuel est toujours utile, et c’est exactement ce à quoi va vous aider la règle Sunny 16.

Qu'est-ce que la règle Sunny 16 ?

À l’époque où les appareils photo ne possédaient pas encore toute la technologie dont ils sont dotés aujourd’hui, la règle Sunny 16 était un passage obligé dans l’apprentissage de la photographie, avec le principe du triangle d’exposition.

L’objectif de la règle du Sunny 16 est de trouver rapidement la bonne exposition pour une photographie, en fonction des conditions de lumière. Durant une journée ensoleillée et claire, vous utilisez :

  • une ouverture de F/16

  • une vitesse d'obturation égale à l'inverse de votre sensibilité ISO (valeur 1/ISO).

Par exemple, si votre sensibilité est réglée sur 100 ISO, vous utilisez une vitesse d'obturation de 1/100. Si votre réglage ISO est de 400, vous utilisez une vitesse d'obturation de 1/400, et ainsi de suite.

On comprend aisément que cette règle permet en argentique de trouver rapidement un réglage selon la pellicule que l’on utilise. Avec un appareil numérique, vous pouvez décider d’abord de votre vitesse, et en déduire votre sensibilité et réglage ISO. En photographie de rue, je vais préférer une vitesse de 1/200e de secondes, par conséquent je règle ici mes ISO sur 200.

Comment utiliser la règle Sunny 16 ?

Comment utiliser cette règle concrètement ?

Voici les étapes à suivre pour avoir une bonne exposition sans posemètre :

  • Évaluez la météo ou identifiez les conditions de lumière

La première étape consiste simplement à évaluer les conditions météorologiques qui vous entourent. 

Pour bien utiliser la règle du Sunny 16, choisissez l’une de ces 5 conditions météorologiques qui se rapprochent le plus de votre environnement :

  • Temps ensoleillé

  • Ciel un peu couvert

  • Ciel couvert ou nuageux

  • Ciel extrêmement couvert

  • Coucher de soleil

  • Réglez l'ouverture (F)

Chacune de ces 5 conditions météorologiques correspond à une ouverture différente du diaphragme. Réglez votre appareil photo selon cette dernière :

  • Temps ensoleillé = f/16

  • Ciel un peu couvert = f/11

  • Ciel couvert = f/8

  • Ciel extrêmement couvert = f/5.6

  • Coucher de soleil = f/4

Le seul élément compliqué ici peut être de se rappeler quelle ouverture correspond à quelle condition météorologique, notez simplement que c’est graduel entre F16 et F4, avec le ciel couvert à F8.

Règle F16 ou Sunny 16 : Réglages d’ouverture - Vitesse = 1/ISO

À titre d’exemple, si le temps est ensoleillé. Vous utilisez alors une ouverture de f/16, avec une sensibilité de 200 ISO et une vitesse d'obturation de 1/200e de secondes. Vous pouvez choisir 100 ISO et 1/100e de secondes, ou 400 et 400, et ainsi de suite. 

Si le ciel se couvre très nettement, vous n’avez qu’à changer votre ouverture sur F/5.6. En ouvrant le diaphragme à F/5.6, vous aurez plus de lumière pour compenser sa réduction sous un ciel très couvert. En fait, seule l'ouverture a changé. La sensibilité et la vitesse d'obturation restent les mêmes en toutes circonstances.

En résumé, avec une météo ensoleillée, vos réglages sont les suivants :

  • Ouverture : f/16

  • Sensibilité ISO : 200

  • Vitesse d'obturation : 1/200 sec

Et par temps très couvert, ils sont ainsi :

  • Ouverture : f/5.6

  • Sennsibilité ISO : 200

  • Vitesse d'obturation : 1/200 sec

  • Réglez la vitesse d'obturation

Une fois le diaphragme défini, vous choisissez une vitesse d'obturation. soit vous photographiez avec de la pellicule et vous réglez votre vitesse en fonction. Par exemple, si vous utilisez un film 100 ASA, comme l'Ektar 100, votre vitesse d'obturation sera alors de 1/100e de secondes.

Si cous travaillez en numérique, vous pouvez commencer par votre vitesse selon votre sujet, puis régler votre sensibilité ISO au même niveau.

Paris, avril 2022 - Photo Genaro Bardy

La règle Sunny 16 : les points à retenir

Afin de bien utiliser la règle Sunny 16, il y a plusieurs points à garder en tête :

  • Il y aura différents effets selon l'éclairage et la météo. Par temps de neige, l'ouverture doit être de l'ordre de F/22, et non de F/16. L'ouverture pour les photos de coucher de soleil doit être F/4, tandis que l'ouverture pour les ciels couverts doit être F/8.

  • Lorsque vous prenez des photos en hiver ou lorsqu'il neige, veillez aussi à suivre cette règle à la lettre. Elle permettra d'éviter que la neige paraisse grise ou sous-exposée.

  • Il ne faut pas hésiter à utiliser des ouvertures plus grandes si nécessaire. Il est possible d'adapter les conditions d'éclairage d'une scène ou d'un sujet en choisissant la bonne ouverture.

  • Ne vous limitez bien sûr pas à cette règle, ni à aucune autre ! C’est juste un moyen de ne pas se prendre la tête sur vos réglages manuels.

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Pour aller plus loin :

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5 leçons, Inspiration, Portraits, Projet Photo Genaro Bardy 5 leçons, Inspiration, Portraits, Projet Photo Genaro Bardy

5 leçons de photographie avec Bieke Depoorter

Originaire de Courtrai, en Belgique, Bieke Depoorter est née en 1986. La photographe a obtenu un master en photographie à l'Académie royale des beaux-arts de Gand en 2009. À 25 ans, elle a été nommée pour rejoindre L’agence Magnum, dont elle est devenue membre à part entière en 2016.

Ses premières photographies sont le résultat d'une approche unique : elle rencontre des gens par hasard et arrive à photographier dans leurs maisons et à capter leur intimité. Bieke Depoorter capture des moments indescriptibles, fragiles et intenses.

1- Proximité et authenticité

« Tout le monde sait que je pars le lendemain matin, donc nous n’avons que quelques heures ensemble. Il est plus facile de partager des secrets avec un étranger - quelqu’un que vous savez que vous ne reverrez jamais - qu’avec un ami proche que vous voyez tous les jours. Pour moi, la nuit et les gens dans leur maison ont quelque chose de spécial. Quand il fait sombre, l’atmosphère change. Les gens sont plus réels, d’une certaine manière. Dans la rue, on fait semblant d’être quelqu’un d’autre. Je le fais moi-même. Mais quand vous rentrez chez vous, le masque tombe. »
— Bieke Depoorter

Le secret de Bieke Depoorter : l’authenticité. Comment y arriver ? La proximité, l’intimité avec ses sujets… Bieke nous montre que s’immiscer dans le quotidien des gens permet de révéler qui ils sont vraiment. Chez soi, on ne porte plus de masques, il n’y a plus de prétentions, de paraître, nous pouvons être qui nous sommes réellement.

C’est probablement une démarche qui peut faire le plus peur pour des photographes, mais tout comme je vous conseillerai en photographie de rue de commencer à aller parler à des inconnus si vous voulez progresser, si vous êtes intéressés par la photographie documentaire, commencez par frapper à la porte de vos voisins et proposez leur une séance de photos chez eux ou un reportage dans leur activité professionnelle. Vous serez surpris de la facilité avec laquelle les gens acceptent.

C’est exactement la démarche que j’ai proposé à Élodie Sauvage Pieri dans mon groupe de Mentorat l’année dernière, alors que la France était sous couvre-feu, et le résultat fut remarquable.

Photo © Bieke Depoorter

Photo © Bieke Depoorter

2- Gagner la confiance de ses sujets

« Je voulais essayer de trouver la confiance dans un endroit où il n’y a pas de confiance. J’avais vraiment l’impression que les gens protégeaient leur vie privée. Ils sont amicaux dans la rue, mais ils ne vous inviteraient pas chez eux. Nous voyagions ensemble dans de petites villes et marchions toute la journée jusqu’à ce que nous trouvions quelqu’un qui nous fasse confiance et à qui nous faisions confiance. Puis, une fois que nous étions d’accord pour que je passe la nuit sur place, elle me laissait tranquille. »
— Bieke Depoorter

Toute photographie en dit autant sur le ou la photographe que sur le sujet qui est montré. En portrait, le résultat est la conséquence directe de la relation que vous allez établir avec les personnes que vous rencontrerez. Dans la grande majorité des cas, vous ne connaîtrez pas les personnes avant de commencer à les photographier.

Personnellement, pour établir la confiance, je demande simplement quelle est l’histoire de la personne, qu’est-ce qui l’a amené ici ou là, et je suis très attentif à la réponse. Je crois que la confiance se gagne par la preuve, en étant sincèrement intéressé par la personne et curieux de qui elle est. Pour bien voir, il faut parfois savoir écouter.

Photo © Bieke Depoorter

Photo © Bieke Depoorter

Photo © Bieke Depoorter

3- La réalité est plus lumineuse une fois la nuit tombée

« - Quel est votre rapport à la nuit ?

“Je pense que c’est le moment de la journée où on fait ressortir sa véritable identité́. Moi y compris. Je vois le monde différemment quand le soleil est couché. D’ailleurs, je ne prends presque plus de photos le jour.”

- C’est contradictoire avec l’étymologie du mot “photographier” : “écrire avec la lumière”.

“C’est vrai. Mais pour moi la réalité est plus lumineuse une fois la nuit tombée. »
— Bieke Depoorter

Rien ne remplace la nuit, d’abord pour tout ce qu’elle contient de symbolique, il va sans dire que c’est la nuit qui révèle notre part d’ombre. La lumière ne serait rien sans l’ombre qu’elle crée, de la même manière la nuit sublime toutes les sources de lumière et montre la face cachée de l’humanité. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle le “monde de la nuit”.

Photo © Bieke Depoorter

Photo © Bieke Depoorter

4- Photographier ses émotions

« - Des influences et des inspirations ?

“Ce qui est bien est que mes parents n’aiment pas l’art et que, jusqu’à l’âge de 18 ans, je n’ai jamais visité de musée. Je n’avais donc pas d’idées préconçues avant de commencer à prendre des photos. Je photographie simplement comme je le sens. Cela peut paraître cliché, mais ce sont les petites choses de la vie qui continuent de m’inspirer. »
— Bieke Depoorter

Voici le meilleur conseil : écouter ses envies, ses émotions. Cela permet d’affirmer son style et de faire ressortir sa personnalité. La vie doit vous inspirer, autant que les grands maîtres de la photographie. L’inspiration vient d’abord de vous-même, car la photographie est une pratique essentiellement intuitive.

(Même si je vous conseillerai toujours de connaître l’histoire de la photographie et ceux qui sont passés avant vous ;) )

Photo © Bieke Depoorter

Photo © Bieke Depoorter

Photo © Bieke Depoorter

5- Considérer les gens comme des acteurs et non des sujets

« Le projet en Égypte en 2011 m’a transformé. Le fait de photographier, moi l’Européenne, ce peuple en pleine révolution m’a fait prendre conscience du regard que je pose et qui est forcément biaisé parce que c’est le mien. Ensuite, à Sète et avec le court-métrage que j’ai réalisé́ en Norvège en 2015, j’ai fini par accepter de considérer les gens que je prenais en photo comme des acteurs, et pas comme des sujets. »
— Bieke Depoorter

Depuis quelques années, je parle toujours des personnes dans mes photographies comme étant des personnages. Quel est le langage du corps ? Qu’est-ce qu’ils ont l’air de faire ou de penser ? Même si ce n’est pas conforme à la réalité de ce que je connais du sujet ou de la scène, la seule chose qui importe est ce que montre la photo et ce que ressent le spectateur en étant mis face à ce personnage.

Prendre chaque sujet comme un personnage ouvre également des possibilités infinies dans les techniques narratives pour construire une série de photographies ou un projet.

Photo © Bieke Depoorter

Photo © Bieke Depoorter

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7 conseils pour débuter dans la photographie en noir et blanc

La photographie en noir et blanc est l'une des formes de photographie les plus classiques et anciennes de représentation du monde. Même si notre réalité est est perçue en couleurs, la réduire en monochrome peut faire ressortir des émotions complètement différentes. À l'origine, les photographes étaient contraints d'utiliser des pellicules noir et blanc en raison de limitations techniques, c'est aujourd’hui désormais un choix. Et pour cause, la photographie en noir et blanc présente de nombreux avantages. Il est possible et même recommandé d'être créatif en monochrome, il ne faut pas penser que la photographie en noir et blanc est une technique utilisée uniquement lorsque les couleurs ne sont pas présentes ou vives.

J’ai commencé à photographier presque exclusivement en noir et blanc, pendant les 5 premières années où je me suis mis sérieusement à la photographie. Je disais à l’époque préférer le noir et blanc, que les photographes qui m’inspiraient travaillaient exclusivement en noir et blanc. Rétrospectivement, je vois cela comme le signe que je débutais, travailler en couleur est plus difficile et demande je crois une attention différente à son environnement. J’ai d’abord basculé dans la photographie en couleur quand j’ai voulu intéresser des clients bien précis, il m’apparaissait difficile de vouloir travailler pour des agences de voyage sans vraiment maîtriser la couleur… Mon deuxième choc en couleur est arrivé quand je me suis installé à Salvador, la lumière est vraiment différente. Mais je n’ai jamais abandonné le noir et blanc, j’en ai même fait une des spécificités de mon 2ème livre, La Ville Miraculeuse.

Et j’ai encore des séquences à New York ou Paris ou je retourne à mes premières amours monochromes. Alors si vous débutez dans cette photographie, voici 7 conseils pour améliorer vos images en noir et blanc.

1- Observez la lumière

Si vous photographiez en noir et blanc, l'une de vos principales préoccupations doit être de savoir d'où vient la lumière. La lumière est toujours importante en photographie (duh!), mais l'absence de couleurs en monochrome ne lui donne que plus d’importance. Par conséquent, la lumière est l'un des principaux sujets de l'image et vous devez observez sa qualité, son intensité et sa direction pour vous en servir dans votre composition.

New York, 2019 - Photo Genaro Bardy

2- Créez des contrastes

Le meilleur moyen d’identifier la lumière dans une photo en noir et blanc, c’est par les ombres, en jouant avec les contrastes. Ce sont les contrastes qui attirent l'œil du spectateur. Pour accentuer les contrastes à la prise de vue, je vous recommande d’essayer de faire votre mesure d’exposition sur les hautes lumières, ou de sous-exposer assez nettement vos photos (jusqu’à -1 IL) pour rendre les ombres plus présentes. En post-traitement, toutes les ombres peuvent être récupérées, vous aurez plus de latitude pour créer des constastes saisissants.

3- Photographiez la nuit

Puisque la plupart des couleurs disparaissent pendant la nuit, le monochrome est parfois la meilleure façon de capturer la nuit. Vous pouvez créez des ambiances étonnantes avec le noir et blanc.

Tokyo, 2018 - Photo Genaro Bardy

4- Appréciez les lignes et les formes géométriques

Il y a du potentiel photographique dans tout ce que nous voyons chaque jour en marchant dans la rue. Si vous prenez un moment pour observer, vous pouvez cherchez des lignes et des formes géométriques à exploiter dans vos compositions.

Qu'il s'agisse d'un motif architectural ou d'une rue pavée avec son contraste naturel, ce type de scène aura parfois un impact plus intense en noir et blanc, en accentuant ces formes ou cadres de votre scène. Les escaliers, les rampes, les passages piétons, il y a un nombre infini de formes géométriques que vous pouvez exploiter pour encadrer ou pour créer une répétition.

Vous serez peut-être surpris de la différence entre le noir et blanc et la couleur dans la scène que vous avez photographiée.

5- Profitez des jours de pluie

En plus de créer de superbes textures, la prise de photos en noir et blanc par temps de pluie transmet un sentiment de calme. Les jours de pluie peuvent donner lieu à d'excellentes photos en noir et blanc si l'éclairage est approprié. Vous pouvez prendre d'étonnantes photos en noir et blanc même avant ou juste après la pluie. Vous obtiendrez des motifs et des textures qui ne se produisent pas très souvent.

6- Rien ne remplace une bonne scène

Si vous faites attention, vous trouverez toujours des scènes intéressantes. J’irais même jusqu’à dire que c’est tout ce que vous devriez chercher en photographie de rue. Une scène originale ou étonnante aura toujours une plus forte connection émotionnelle pour le spectateur, et le noir et blanc peut parfois renforcer cette connexion directe avec le sujet en simplifiant la lecture de la photo.

New York, 2018 - Photo Genaro Bardy

7- Pratiquez le portrait

Les portraits en noir et blanc soulignent les expressions. Un portrait monochrome met également en valeur d'autres caractéristiques du visage, comme les yeux par exemple. La photographie est toujours un travail sur la question d’identité, c’est naturellement encore plus vrai en portrait. Les portraits en noir et blanc ont ce “je ne sais quoi”, qui les rendent intemporels.


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Construire son cadre

Mon nom est Personne - Paris, 2021 / Photo Genaro Bardy

Si vous êtes timide avec votre appareil, allez dans des endroits où les gens sont là pour être photographiés : un défilé, une fête foraine ou une manifestation, pour être plus à l'aise dans ces situations. S’il y a déjà des photographes, vous verrez qu’il est plus facile de photographier sans que les sujets soient vraiment conscients de votre présence. Forcez-vous à vous mettre en situation d’être obligé de prendre des photos, une fois que vous êtes dans l’action prenez le temps de construire votre cadre. Dans ces endroits ou ces événements, n'essayez pas d'être sympathique ou de devenir le meilleur ami de quelqu'un, vous êtes là pour prendre des photos et pour apprendre. En plus, vous pourrez facilement observer comment d’autres photographes travaillent, en reconnaissant à quelle distance et avec quelle focale ils photographient, vous aurez une bonne idée des photos qui sont prises.

Je préfère toujours travailler dans un style documentaire, obtenir des scènes naturelles plutôt que de chercher des portraits formels. Dans ce type de prise de vue, vous observez la scène et devez construire le cadre en recherchant différents niveaux de lectures, plusieurs techniques de composition, ou parfois en assemblant des éléments différents dans le cadre qui se correspondent ou dialoguent entre eux.

Il est impossible de dire exactement ce qu'il faut rechercher, parce que la prise de vue est absolument intuitive, l’expérience est primordiale et le temps que vous passez à rechercher et construire un cadre sera de plus en plus court au fil du temps. C’est pour cela que vous ne devez pas vous mettre dans une situation où la peur de photographier est un frein.

Dans la construction de votre cadre, vous cherchez quelque chose que vous reconnaissez, quelque chose qui vous parle, une scène étonnante ou originale, si vous ne photographiez que des gens qui passent et qui marchent, c’est vous qui passez probablement à côté de votre sujet. À partir d’une scène qui a du potentiel, construisez les autres parties du cadre pour former une juxtaposition, cherchez où la lumière est intéressante, essayez d’inclure ou d’exclure des éléments qui simplifient la lecture ou donnent de la profondeur.

Sur cette photo, j’étais simplement en train de me rendre à un dîner à Paris. Comme je suis toujours un peu en train de prendre des photos, je me déplace le plus souvent en marchant, et je pars deux heures avant mes rendez-vous pour pouvoir photographier. J’ai vu cette jeune mariée avec plusieurs membres de sa famille au téléphone en train d’appeler ceux qui n’ont pas manqué de les rejoindre. On était manifestement entre la cérémonie et le cocktail, et le mari n’était pas là. J’ai commencé à photographier un jeune homme qui danse, puis ces amies au téléphone, puis ces enfants ou neveux et nièces qui courraient autour de la scène. Je dois probablement avoir une 50aine de clichés de la scène, mais un seul est vraiment intéressant pour moi ici, en juxtaposant tous les personnages de la scènes, et plus encore avec la rue et le contexte. Personne ne m’a arrêté, il était normal de prendre des photos.

Pour pouvoir prendre le temps de construire votre cadre, de penser vos compositions, choisissez des moments où il est tout à fait naturel de photographier. Puis commencez à chercher un bon plan large, approchez vous pour un plan moyen, et allez jusqu’à des plans serrés. C’est à l’édition que vous verrez si la pêche a été bonne. Gardez à l'esprit qu'il n'y a pas de règles. Allez dans des endroits où les gens sont plus ouverts à être photographiés, et continuez à photographier comme si vous étiez invisible.

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Inspiration Genaro Bardy Inspiration Genaro Bardy

La composition émotionnelle de Larry Fink

Larry Fink est un photographe passionnant, mais je le connais plus comme un éducateur fascinant. Les fulgurances de ces réflexions et sa pratique de la photographie avec une attention particulière à son côté kinesthésique, aux atmosphères ou au langage du corps, donne une matière infinie à la réflexion et à la poursuite de photographiques qui soient plus “physiques”, qui vous rendront plus présent dans vos photos.

Si cette introduction est trop cryptique, le mieux est de laisser la parole au maître Larry Fink, dans un texte issu de son livre On composition and improvisation, que je vous recommande vivement si vous lisez l’anglais.

La composition émotionnelle

« Une fois que vous arrivez à un endroit et que vous comprenez ce que vous ressentez à l’intérieur, comment vous vous y connectez, comment traduisez-vous cela dans votre photographie ? La photographie est composée de bien plus que seulement le sujet. Elle se construit avec l’esthétique et avec les outils techniques de l’appareil photo, qui vous permettent de créer, sous la forme physique d’une photographie, un chemin scintillant vers la communication de ce qui est essentiellement et entièrement dans votre tête, dans votre pensée.
Bien que la mise au point, la profondeur de champ et la vitesse d’obturation soient des termes techniques, ils sont également à votre disposition pour des raisons émotionnelles. Vous les utilisez souvent, en travaillant la mise au point ou la profondeur de champ tour à tour, pour voir combien de façons différentes vous pouvez interpréter la nature sensorielle de l’expérience qui se place devant vous.
Si je pensais d’une femme que je photographiais, “C’est la femme la plus sensuelle que j’aie jamais vue de ma vie, et tout ce que je veux faire, c’est donner l’impression qu’il n’y a pas de frontière entre nous, qu’il n’y a pas d’interruption”, j’utiliserais une profondeur de champ très courte pour que l’arrière-plan disparaisse et qu’il n’y ait rien de net à part elle. La photo montrerait cet amour que je ressens. »
— Larry Fink

Une photographie est le reflet de l’âme du photographe, autant que l’interprétation d’un sujet. Une photographie en dira toujours beaucoup plus que vous ne croyez sur votre état d’âme, sur ce que vous pensez du sujet que vous photographiez. On photographie qui on est.

Mary, New York City 1958 - Photo Larry Fink

« Cependant, si je pensais que cette femme était une intellectuelle menaçante et que je n’avais avec rien d’autre qu’un désir d’information didactique, je dirais: “Oh, laissez-moi la rendre complexe et pédante dans certaines parties du puzzle”, et j’utiliserais une plus longue profondeur de champ, mettant davantage l’arrière-plan au point.
Je trouverais un moyen d’incorporer différents types de structures rythmiques et arythmiques dans le cadre afin qu’elle ne devienne rien d’autre qu’une partie d’un événement menaçant. Dans ce cas, j’utilise la mise au point, ainsi que la composition et la profondeur de champ, comme un outil émotionnel. »
— Larry Fink

Ce que vous mettez ou ignorez dans le cadre a un sens, participe de l’émotion générale que transmet votre photographie. Utilisez les propriétés représentatives de la photographie comme le focus, l’instant, le cadre et la planéité, pour transmettre du sens ou un message.

Aga, Thierry Mugler Haute Couture, Paris Jan 1998 - Photo Larry Fink

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Photographie de rue Genaro Bardy Photographie de rue Genaro Bardy

Comment appréhender les portraits de rue ?

Les portraits de rue constituent une pratique particulière de la photographie de rue. Pour moi, les portraits ont un rôle essentiel pour raconter l'histoire d'un lieu, de communiquer une atmosphère ou de développer une idée en s’appuyant sur des personnages qui en témoignent. Les portraits de rue sont également l’occasion de rencontres inattendues, j’ai rencontré certains de mes meilleurs amis en leur proposant quelques photos. Les portraits donnent aussi l’opportunité de raconter l’histoire d’une personne, d’offrir un point de vue sur le sujet qui vous intéresse.

Cependant, bien qu'il soit incroyablement gratifiant de réaliser des portraits dans des lieux publics avec des inconnus, il n'est pas toujours facile de réussir ses images, d’abord parce que le temps disponible est souvent beaucoup plus court. En effet, il se peut que les bons sujets et les bonnes compositions ne vous viennent pas naturellement, ou que vous vous sentiez mal à l'aise de photographier les personnes que vous croisez dans la rue.

Je vous propose ici quelques conseils pour vos portraits de rue, pour être plus à l’aise et que vous soyez en mesure de créer des images intéressantes et évocatrices.

Réussir ses portraits de rue : pensez à l’arrière-plan

La plupart des photographes se focalisent sur le visage et le corps du sujet et ignorent le reste de l'environnement, c’est une erreur majeure, la plus facile à résoudre. Même si votre profondeur de champ est réduite pour isoler votre sujet, vous devez faire attention aux effets de planéité et voir dans l’arrière plan ce qui interagit avec votre sujet ou perturbe la lecture de votre photo.

Les portraits de rue ont souvent un contexte, et un bon arrière-plan peut aussi mettre en valeur le portrait en montrant l'environnement qui aide à raconter l'histoire de votre personnage.

Réfléchissez à l'endroit où vous allez placer votre sujet et d’où vient la principale source de lumière, quand vous avez choisi observez l'arrière-plan. Demandez-vous quel est le meilleur cadrage et observez comment en vous décalant légèrement vous pouvez modifier l’arrière plan et le rendre plus harmonieux.

N'ayez pas peur de demander une photo à des inconnus

Photographier les personnes de près peut être intimidant lorsque l’on débute, mais vous constaterez assez vite que la plupart des gens sont heureux d'être pris en photo. Si vous débutez dans cette pratique, commencez par demander d'abord la permission. Soyez amical et expliquez ce que vous allez faire, ça se passera souvent bien. Il suffit de demander poliment : "Est-ce que je peux vous prendre en photo ?". La plupart du temps, vous obtiendrez un sourire ou un hochement de tête en retour. Être pris en photo est souvent vu comme un compliment quand vous demandez la permission.

Le portait, dans la rue ou non, c’est d’abord la relation que vous arriverez à établir, avec vos sujets. Soyez sympathique et vous rencontrerez majoritairement des personnes qui recevront votre proposition agréablement.

Réussir ses portraits de rue : quand le naturel prime

Une fois que vous aurez pris confiance dans votre pratique du portrait de rue, en demandant systématiquement la permission, vous pourrez passer à l’étape d’après : prendre des photos sur le vif en étant très proche de vos sujets. Si vous voulez capter des instantanés étonnants et naturels, c’est certainement la meilleure méthode, mais c’est aussi celle qui paraît la plus “tête brulée”, qui fait le plus peur.

Vous pouvez tout à fait commencer par prendre des photos, même très près, et ENSUITE demander la permission et reprendre un peu plus haut la méthode. Vous demandez si vous pouvez garder la photo, vous expliquez votre démarche, toujours avec le sourire et la manière la plus sympathique qui soit. Puis vous pouvez commencer une mini-séance de portrait avec la collaboration de votre sujet.

À mon avis, l'un des meilleurs conseils pour les portraits de rue est d'expliquer ce que vous essayez d'obtenir. Dites aux intéressés que vous voulez que le portrait ait l'air aussi naturel que possible, qu'ils doivent agir comme si vous ne les preniez pas en photo. Plus ils comprendront qu'un portrait est une collaboration, mieux ils poseront. Enfin, montrez le résultat et proposez-leur de leur envoyer les meilleurs clichés.

Photographie de rue et simplicité

Restez simples lorsqu'il s'agit de portraits de rue. Isolez les sujets, faites attention aux arrière-plans et utilisez des compositions simples.

Regardez attentivement la scène avant de déclencher. Contient-elle des éléments inutiles ? Un arrière-plan simple aiderait-il votre sujet à se démarquer ? Que pensez-vous de la composition générale ? Quelle est la valeur de plan qui est utilisée et que dit-elle de votre personnage ?

Supprimez les éléments inutiles d'une composition si vous les remarquez. Dans certains cas, il suffit de faire un pas de côté pour améliorer le cadre. Dans certaines situations, il faudra se rapprocher du sujet, s'en éloigner ou prendre de la hauteur.

J’espère que ces conseils vous ont aidé, vous ont détendu par rapport à cette pratique si particulière. Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive, vous pouvez chercher des manière originales de composer vous-même vos portraits de rue.

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5 leçons, Inspiration Genaro Bardy 5 leçons, Inspiration Genaro Bardy

5 leçons de photographie avec Alec Soth

Alec Soth (né en 1969 à Minneapolis, Minnesota) est un photographe américain. Alec Soth est avant tout un artiste, ses travaux sont représentés par la Gagosian gallery à New York et la Weinstein Gallery à Minneapolis, il est membre de l’agence Magnum depuis 2004. Je suis heureux de vous donner aujourd’hui un aperçu de son travail en présentant des travaux assez différents, en regard de commentaires sur la pratique de la photographie qu’Alec Soth a pu proposé dans des interviews.

Son livre Niagara tremble encore sur mon étagère du choc émotionnel que j’ai reçu en tournant ses pages, c’est avec une infinie admiration et humilité que je vous propose aujourd’hui 5 leçons de photographie avec Alec Soth.

La photographie inspire la curiosité

« Pour moi, les meilleures photographies inspirent toujours la curiosité, plutôt que de la satisfaire. Je pense que cette ambiguïté est l’un des aspects les plus passionnants de ce médium. Une photographie n’est qu’un fragment infime d’une expérience, mais un fragment précis, détaillé et révélateur. Et même si elle ne fournit que de petits indices, le photographe nous dit que ce sont des indices très importants. »
— Alec Soth

la photographie vise avant tout à attiser notre curiosité, à nous inspirer, plus qu’à assouvir notre besoin de tout comprendre, de tout savoir. La photographie immortalise un instant, un lieu, l’expression d’un visage, mais l’interprétation d’un cliché sera différente pour chacun. Composée d’une série d’indices, la photographie est là pour laisser libre cours à notre imagination ou initier le début d’une enquête. Une photographie réussie est inspirante parce qu’lle donne envie d’en savoir plus.

Photo Alec Soth

Photo Alec Soth

Photo Alec Soth

La photographie offre un point de vue unique et différent

« Ce que je trouve particulièrement intéressant dans ces portraits, c’est qu’en tant que photographe, vous étiez naturellement attiré par les personnages les plus “exotiques” - évangélistes, masseurs érotiques, prostituées, meurtriers, travestis - mais vous avez réussi à transmettre leur normalité, leur dignité, leur sens général de l’humanité. Au lieu d’exploiter leurs particularités, d’en faire des spécimens de bizarrerie ou d’extrémisme, vous offrez un point de vue beaucoup plus respectueux et indépendant ; le spectateur est encouragé à éprouver de l’empathie pour les sujets, plutôt que de les regarder comme des monstres de foire. N’utilisez-vous pas vous-même une sorte de “non-accent de journaliste”, en normalisant l’exotique plutôt qu’en exotisant le normal ? »
— Alex Soth (Entretien avec Aaron Schuman)

Une photo n’est pas simplement quelque chose que l’on regarde en tant que témoin ou spectateur. Sans qu’un jugement soit nécessaire, une photographie est aussi un point de vue, une “manière de voir” le monde ou des personnages. La photographie nous invite à éprouver de l’empathie, à remettre les choses en question, à explorer et à comprendre ceux qui acceptent de nous laisser prendre une photo. Les portraits que vous pourrez réaliser seront toujours un reflet de la relation que vous pourrez établir avec vos sujets, ainsi la pratique du portrait ne peut se faire qu’avec ouverture d’esprit et compassion.

Photo Alec Soth

Photo Alec Soth

Photo Alec Soth

Photo Alec Soth

La photographie est proche de la poésie

«  La photographie a tendance à être plus fragmentée. C’est plus proche de la poésie que de l’écriture d’un roman (...). Comme la photographie, la poésie est tout en suggestion - il s’agit de laisser une place au lecteur/spectateur pour combler ses lacunes.
 »
— Alec Soth

La photographie, selon Alec Soth, est un acte de poésie. La poésie laisse place à l’imagination, à la créativité, alors que dans un roman le chemin est tout tracé. La photographie suggère, pousse à l’interrogation, à la remise en question et à l’ouverture d’esprit. Ce qui compte est autant ce qui est montré dans le cadre que ce qui en est exclu. Enfin, une poésie transporte, nous emmène dans des sensations nouvelles ou étrangères, uniquement par l’esthétique formelle de sa contruction.

Photo Alec Soth

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Photo Alec Soth

La créativité est la clé de la réussite

« Ce que j’aime dire, c’est que si vous voulez être un artiste, si vous voulez être une personne créative, alors vous allez devoir être créatif dans la façon dont vous organisez votre carrière. Il n’y a pas de chemin tout tracé. Une partie de la créativité consiste à créer votre chemin.

(...) Le seul conseil que j’ai à donner est d’essayer autant de voies différentes que possible. Suivez un cours d’art, assistez un photographe commercial, étudiez par vous-même. Si l’une de ces voies vous interpelle plus qu’une autre, voyez où elle vous mène.

En bref : essayez tout. Le photojournalisme, la mode, le portrait, le nu, peu importe. Vous ne saurez pas quel genre de photographe vous êtes tant que vous n’aurez pas essayé. Pendant les vacances d’été (à l’université), j’ai travaillé pour un photographe de studio “Born-Again”. Toute la journée, on photographiait des chaussettes et on écoutait une radio chrétienne. Cet été là, j’ai appris que je n’étais ni un photographe de studio, ni un chrétien Born-Again. »
— Alec Soth

La photographie ne doit pas se fermer dans une pratique en n’essayant rien de nouveau. Je me suis longtemps défini comme un photographe limace, qui laisse sa bave partout. Comment savoir si une pratique vous plaît si vous ne vous sentez pas légitime pour l’approcher ? Explorer les genres photographiques, des projets radicalement différents ou des clients dans des domaines opposés a toujours excité ma curiosité. Je ne veux pas seulement pratiquer la photographie, je veux faire rentrer la photographie dans ma vie, et pourquoi pas toutes les photographies, avant de choisir ce que je pourrai en faire.

Photo Alec Soth

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L’authenticité pour se différencier

« Les jeunes photographes se demandent toujours : “ Comment faire connaître mon travail ? Comment m’établir, comment me faire connaître ?”. Comment trouver un équilibre entre l’ambition absolue nécessaire pour réussir et la présence de chaque instant qu’exige la photographie ?

“Il y a plusieurs façons de se faire une réputation, mais la seule façon satisfaisante est de faire un travail à la fois exceptionnel et authentique. Et la seule façon d’y parvenir est d’être aussi présent que possible dans le processus. Vous ne pouvez pas le faire si vous ne pensez qu’aux récompenses (ou aux échecs) à venir. »
— Alec Soth

Rester simple. Authentique. Être ou devenir soi-même. Tout simplement. Se différencier, être unique, être naturel, entrer dans le processus avec envie, détermination, sans penser au résultat mais en prenant plaisir au procédé lui-même. N’essayez pas d’atteindre un autre objectif que celui de prendre du plaisir à la photographie qui se présente à vous maintenant.

Photo Alec Soth

Photo Alec Soth

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Les 5 meilleurs services pour réaliser un livre photo

Le livre photo est pour moi le meilleur véhicule pour un projet photographique, mais en réaliser un demande beaucoup de travail, de connaissances ou de relations pour arriver à sa publication. Heureusement, depuis quelques années il n’a jamais été aussi facile de sortir des petites séries ou des tirages uniques, que ce soit pour s’exercer ou pour donner forme à un projet qui reste dans sur un disque dur.

Pour ma part, j’ai pour objectif de continuer à publier un livre par an au minimum, seul si je ne trouve pas d’éditeur pour m’accompagner. Avec deux livres photo auto édité, je commence À avoir quelques connaissances sur toutes les étapes qui mènent à la publication d’un livre photo et je vous proposerai régulièrement des articles qui couvrent l’un ou l’autre de ces domaines. Aujourd’hui, voici pour moi les cinq meilleurs services pour réaliser un livre photo en tirage unique ou toute petite série.

1- Blurb

Blurb est mon service de livre photo favori. Blurb est parfaitement intégré dans le module “Livre” de Lightroom Classic Blurb, ce qui le rend facile à tester pour beaucoup de photographes. Blurb produit des livres ou magazines de qualité à des prix accessibles et vous pouvez demander des prix spécifiques pour des tirages à plus de 300 exemplaires pour ceux qui ont des ambitions en auto-édition. Ce site a excellente réputation est d’ailleurs utilisé par beaucoup de photographes qui auto éditent leurs livres photos, et vous pouvez vendre vos livres à la demande directement depuis leur plateforme. Blurb est aussi un logiciel téléchargeable offrant des fonctionnalités similaires au module de Lightroom Classic. Facile d’utilisation, Blurb convient aussi pour ceux intéressés par les projets à gros volume.

2- Ooblik

Ooblik est un service situé en France, qui travaille avec des papiers Français de bonne qualité, et tout est réalisé à la main. La mise en page se fait directement sur leur site web. Du côté du logiciel, c’est assez simple et tout se fait en ligne. Le service semble rapide et efficace, j’ai vu beaucoup de jeunes photographes ces dernières années réaliser un “Zine” (un petit magazine auto-édité) avec Ooblik, on sent qu’ils veulent travailler avec des photographes plus qu’avec des particuliers.

Selon les mots de Richie Lem : “j’ai toujours reçu mes commandes en moins d’une semaine. Un carnet A5 de 32 pages, par 25 exemplaires, vous coûtera 13 euros l’unité chez Ooblik, et le prix baissera à 9 euros si vous en prenez 100 ou plus.”

3- Négatif Plus

Négatif Plus est le laboratoire avec lequel j’ai le plus régulièrement travaillé pour mes tirages, et ils proposent un service d'impression de livres photo complet, efficace et tout est réalisable en ligne. Je recommande toujours Négatif Plus pour leur qualité, et ils proposent maintenant deux formats “Fourteen” et “Fifteen” très accessibles qui me semblent parfaits pour les “Zine”.

4- Flexilivre

Spécialisé dans la création d’albums photos, Flexilivre offre un bon rapport qualité-prix et un grand choix de thèmes et de formats disponibles, mais ils sont manifestement destinés au grand public, vous devrez faire abstraction des exemples qui sont des albums de famille. Le site est pratique, accessible et intuitif. Le choix de fonctionnalités et d’options est grand et les créations sont régulièrement renouvelées.

Vous aurez la possibilité d’importer vos créations au format Word, PDF ou PowerPoint (même si je ne recommande pas de passer par cet outil pour votre mise en page). L’entreprise Flexilivre est française et engagée, elle imprime ses albums sur un papier PEFC issu de forêts gérées de façon durable depuis une imprimerie labellisée « Imprim’Vert » basée en France.


5- MyPoster

MyPoster est plus souvent connu pour les tirages photos à bon prix, mais vous pouvez aussi regarder du côté des livres photo. Avec son éditeur en ligne, MyPoster est un service fiable et intuitif. Avec lui, vous pouvez directement importer les photos de votre smartphone via un système de QR code. Tout est ensuite envoyé directement sur votre album en ligne. De nombreux thèmes prédéfinis sont disponibles. L’idée est intéressante et le service ergonomique.

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