Martin Parr et les 100 Livres

Est-ce que la vie d’après, ce sera des conversations sur HouseParty et des lives sur Instagram ? En tout cas le pendant en est bien rempli. Parmi les millions de conversations à domicile qui pullulent sur Youtube, je vous invite à observer les échanges entre photographes de l’agence Magnum. Le principe est simple, deux photographes de l’agence tirés au hasard se posent trois questions.

Le hasard est bien fait, il a réuni Martin Parr et David Alan Harvey, deux monuments de la photographie contemporaine.

Martin Parr vs David Alan Harvey

Voici ce que j’ai appris sur Martin Parr qui m’a surpris ou émerveillé :

Martin Parr a publié 110 livres

110 livres ! Martin Parr travaille sur deux nouveaux ouvrages en ce moment, sa production prolifique n’est pas près de s’arrêter. Probablement que personne au monde n’a toute la collection, à part un musée anglais vigilant.

Je me souviens m’être procuré The Last Resort à la MEP, il est malheureusement laissé derrière moi lors de mon installation au Brésil. C’est un livre que je trouve toujours extra-ordinaire, tellement simple et magique dans le message social qu’il porte.

Martin Parr rappelle ici que le livre est le meilleur véhicule pour la photographie. C’est une certitude, si nous ne travaillons pas sur un livre actuellement, nous passons certainement à côté de l’objectif majeur du photographe.

Allez, juste pour me motiver : à raison de deux livres par an, il me faudrait encore 53 ans pour rejoindre cette production. Franchement avec les progrès de la médecine, c’est jouable.

Martin Parr était enseignant avant de rejoindre Magnum

Je ne vais pas vous mentir, c’est l’information qui m’a le plus marqué dans cette discussion. Avant de rejoindre Magnum et de pouvoir exercer son regard dans les shootings les plus prestigieux, Martin Parr nous apprend que sa principale source de revenu était l’éducation à la photographie.

Parmi ses enseignements, l’exercice à Cuba pendant le Workshop de David Alan Harvey est savoureux :

« Pas de voitures américaines, et pas de jolies filles ».

Martin Parr

Depuis que je suis au Brésil, l’éducation est devenue dominante dans ma vie. Pour mon plus grand bonheur, travailler sur des contenus et exercices pédagogiques a certainement fait de moi un meilleur photographe. Mais j’ai toujours dans un coin de ma tête que peut être l’enseignement se mettrait en travers de ma pratique.

Bien sûr que non, on peut être un bon photographe et un bon professeur, en tout cas j’essaye de le devenir. Ce que j’ai vraiment perdu dans la transition, ce sont des commandes commerciales ou institutionnelles. Et je travaille certainement plus sur des projets personnels maintenant.

Collectionné et Colectionneur

Non seulement Martin Parr est extrêmement prolifique, collectionné par les plus grandes institutions, mais il collectionne lui-même les livres photo. Il en a eu de toutes sortes et de tous les genres, ses livres sur l’histoire du livre photo sont remarquables.

On apprend dans cette interview qu’il a vendu sa collection de plus de 13 000 livres au Tate Museum, ce qui lui a permis de recueillir les fonds pour la Fondation Martin Parr.

Je suis rassuré, mon obsession pour les livres photo peut avoir une fin, un jour 🙂

Pour conclure, je tiens également à vous renvoyer vers le travail fabuleux de David Alan Harvey, un des photographes que j’admire le plus. Vous pouvez aussi explorer Burn Magazine (en Anglais), qu’il dirige.

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