Ce qui a fait la plus grande différence dans ma photographie

Avril 2011. Après 3 ans dans l’entreprise qui m’emploie alors, je n’ai compté ni les heures ni les jours pour les projets passionnants auxquels je participais pour le Salon du Chocolat. Après avoir travaillé d’arrache-pied pour la filiale US et le salon de New York, nous avons monté un salon à Shanghai en 4 mois depuis Paris, puis enchaîné les franchises et les nouveaux salon en France à Lille, Marseille et Bordeaux notamment.

À quelques semaines du mois de mai, j’ai des semaines de congés à récupérer, puis suivent un déplacement de 3 semaines au Brésil et 3 semaines de vacances en août puis 10 jours à New York. Je suis séparé depuis peu d’une longue relation et me remet alors d’une rupture du tendon d’Achille. J’ai vécu de longues semaines sur le canapé de mes amis avec des béquilles. Tu parles d’une croisée des chemins. Pour la petite histoire c’est également pendant cette période que je visitais Salvador de Bahia pour la première fois où je décidais de m’installer 7 ans plus tard.

D’avril à fin août pour tous mes déplacements ou vacances, c’est décidé j’aurai mon appareil photo, à l’époque un Sony Nex5 avec une optique Voigtlander 35mm. C’est la première fois de ma vie que j’ai pu consacrer tout mon temps à la photographie et dire que cela m’a plu serait le plus grand des euphémismes. Une révélation. Une passion instantanée, immense, avec au bout l’envie que ça devienne mon quotidien. Je ne l’ai révélé à personne pendant longtemps, j’étais en plein conflit intérieur, pensant que ce ne serait jamais possible.

Ce qui a fait la différence dans ma photographie n’est pas la capacité à voyager et à voir du pays, cette chance n’est qu’une circonstance. Ce qui a radicalement changé mon regard, c’est le fait de pratiquer et de m’entraîner tous les jours. La pratique quotidienne, intensive et répétée m’a fait basculer dans ce moment magique où l’on commence à voir des photos partout.

Le chemin vers la photographie professionnelle est une autre histoire, avec le besoin d’investir, de construire un portfolio et de développer un réseau qui permette de trouver des clients. J’ai eu alors une envie irrépressible de réussir dans la photographie professionnelle. C’est un chemin connexe et facultatif pour progresser en photographie. Mais le challenge de réussir en photographie professionnelle, là encore, m’a poussé à photographier autant que je pouvais, pour tous les projets que je pouvais trouver.

La pratique quotidienne sur une longue période avec le rythme des prises de vues, le développement et l’édition, la publication et la communication avec des objectifs professionnels, m’a fait franchir un cap. Je devais impérativement devenir meilleur pour pouvoir faire envie. Un photographe professionnel, tout comme certains corps de métiers artistiques ou dans l’artisanat, dépend du désir des autres.

Après cette période fabuleuse de quatre mois en Sicile, au Brésil, à Barcelone et à New-York, j’ai compris que la photographie me correspondait plus que toute autre activité. J’ai tout de même mis plusieurs années avant de pouvoir dire que la photographie était mon métier. Mais ces voyages et mes premiers clients de l’époque m’ont montré la clé essentielle pour progresser en photographie :

Photographier beaucoup et régulièrement,
avec l’envie sinon le besoin de s’améliorer.

Et je ne connais pas de meilleur moyen que de travailler sur un projet, que ce soit un projet personnel ou celui d’un client qui a effectivement besoin des photos.

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